Bien Logo

Ce que ça fait de voir revenir les tendances de mon adolescence

Barbara Dubois4 min de lecture
Partager:
Ce que ça fait de voir revenir les tendances de mon adolescence — Famille
Dans cet article

Il y a quelque chose de surprenant et d’émouvant quand on regarde un ado en tant qu’adulte et qu’on voit qu’il porte exactement ce que nous portions il y a vingt ans. Au début, on le remarque du coin de l’œil, puis on réalise doucement : la mode a fait un tour complet, et les tendances de mon adolescence se glissent à nouveau dans les armoires des jeunes d’aujourd’hui.

Du dressing de ma mère à mes propres souvenirs

Je me revois très bien, adolescente, devant le dressing de ma mère, tirant avec assurance sur ses vieux pantalons pattes d’eph. Le tissu datait des années 80, mais pour moi c’était un vrai trésor. Ma mère, les bras croisés et un peu perplexe, me lançait : « Tu veux vraiment porter ça ? Mais c’est dépassé ! » Je haussais les épaules. Pour moi, c’était nouveau, cool, différent, et puis tout le monde en portait. Ma mère ne pouvait pas comprendre…

Maintenant que je me retrouve de l’autre côté de la tendance, je ressens probablement la même chose que nos parents à l’époque. Les jeunes portent avec joie les pièces que je portais au lycée, et moi, avec le même sourcil levé que ma mère, je me dis : « Eh bien, c’est leur choix… mais je ne comprends pas. »

Bravo magazine, Britney Spears et la ligne de string apparente

Le début des années 2000, pour moi, ce n’était pas qu’une mode, c’était un état d’esprit. Je rêvais en regardant les photos de Britney Spears dans le magazine Bravo, espérant avoir un jour un total look denim.

Le pantalon taille basse était la base, laissant parfois dépasser de manière provocante la lanière du string. À l’époque, c’était un symbole de liberté, de rébellion et de passage à l’âge adulte.

Quand je vois aujourd’hui une fille de dix-sept ans arborer ce style avec la même étincelle dans les yeux que moi à son âge, la nostalgie et l’étonnement me saisissent à la fois.

« C’est dépassé ! » – ou pas ?

Pour être honnête, j’ai du mal à me défaire de l’idée que ces tendances sont passées. Pour moi, ce n’est pas une nouveauté, mais un chapitre déjà tourné. Je me sens comme ma mère : je ne comprends pas pourquoi on voudrait faire revenir quelque chose qui semblait complet à l’époque, mais qui me paraît aujourd’hui un peu poussiéreux.

Mais la mode a une qualité essentielle : elle est toujours redécouverte par de nouveaux regards. Comme un nouveau-né découvre chaque blague, une nouvelle génération trouve fraîche et excitante chaque tendance « dépassée ». Les jeunes d’aujourd’hui portent probablement les pièces des années 2000 à moitié ironiquement, à moitié sérieusement, mais pour eux, c’est une vraie découverte, comme pour moi les pattes d’eph dans le dressing de ma mère.

Je me sens vieille ? Oui. Je regrette ? Pas du tout.

Je ne vais pas mentir, quand je vois ces tendances revenir, je ressens un petit coup de vieux. Comme si les vêtements me renvoyaient un miroir : voilà combien de temps s’est écoulé depuis que je les portais la première fois. Mais il y a aussi quelque chose de libérateur là-dedans. Je ne ressens pas de honte, au contraire, je souris avec nostalgie en me disant : voilà, ce temps est venu aussi. Les enfants nés quand je commençais à me rebeller et à me découvrir sont aujourd’hui sur ce même chemin.

Nous ne sommes pas si différents

Le fossé entre les générations semble parfois immense. Quand je parle avec un jeune de la génération Z, j’ai souvent l’impression que deux galaxies essaient de se comprendre. Mais en y regardant de plus près, je réalise que c’est la même histoire qu’avec nous autrefois. Ils vivent les mêmes expériences.

Ils cherchent qui ils sont, les grandes vérités de la vie, tentent de se démarquer, et croient encore qu’ils feront mieux. Et en même temps, ils se réjouissent d’un pantalon rétro trouvé au fond d’une caisse de vêtements comme nous l’avons fait.

Lectures associées

Des millions gagnés sur la culpabilité des mères — voici comment fonctionne l'industrie du "mom guilt" — Famille

Des millions gagnés sur la culpabilité des mères — voici comment fonctionne l'industrie du "mom guilt"

La culpabilité maternelle est devenue un marché juteux. Découvrez comment une industrie entière prospère sur les angoisses des mères — et comment s'en libérer.

Barbara Dubois
Ma mère a peur depuis les élections : voici comment je l'aide à traverser ça — Famille

Ma mère a peur depuis les élections : voici comment je l'aide à traverser ça

Entre fausses informations, algorithmes anxiogènes et manipulations numériques, beaucoup de parents âgés se sentent perdus. Comment les aider vraiment ?

Barbara Dubois
La philosophie de l'été lent : pourquoi je ne remplis pas chaque journée de programmes pour mon enfant — Famille

La philosophie de l'été lent : pourquoi je ne remplis pas chaque journée de programmes pour mon enfant

À l'approche des grandes vacances, beaucoup de parents s'affolent à organiser chaque journée. Et si laisser du vide était justement ce dont vos enfants ont le plus besoin ?

Barbara Dubois
Du pain beurré au livreur qui tarde : comment le dîner est devenu une source de stress — Famille

Du pain beurré au livreur qui tarde : comment le dîner est devenu une source de stress

Avant, la question "qu'est-ce qu'on mange ce soir ?" se réglait en ouvrant le placard. Aujourd'hui, elle déclenche une spirale d'attentes. Que s'est-il passé ?

Élise Durand
Peut-on être en colère au chevet de quelqu'un qu'on est en train de perdre vivant ? — Famille

Peut-on être en colère au chevet de quelqu'un qu'on est en train de perdre vivant ?

Perdre quelqu'un qui est encore là, physiquement présent mais déjà absent : c'est l'un des deuils les plus silencieux et les plus épuisants qui soit.

Élise Durand
Armoire pleine, mais rien à mettre ? Une matinée a tout changé pour moi — Mode

Armoire pleine, mais rien à mettre ? Une matinée a tout changé pour moi

Se retrouver devant un dressing bondé sans rien à porter, on connaît toutes. Une matinée m'a suffi pour comprendre que le style, c'est avant tout une question de connaissance de soi.

Élise Durand