Il suffit qu'un palmarès de prénoms circule pour que la conversation reparte : celui-ci grimpe, celui-là s'effondre, tel prénom rare arrive aux portes du classement. Les futurs parents lisent ça avec un mélange d'amusement et d'angoisse, parce qu'ils y cherchent une autorisation. Est-ce qu'on a le droit d'aimer un prénom très porté ? Est-ce qu'un prénom trop rare va peser sur l'enfant ? En consultation comme dans les conversations d'amies, je vois toujours la même chose : la difficulté n'est presque jamais le prénom lui-même. C'est ce que chacun projette dessus.
Les listes ne servent pas à choisir, elles servent à parler
Un classement de prénoms est un miroir de l'époque, pas un conseil personnalisé. Il indique ce qui plaît collectivement, à un moment donné, souvent sous l'effet d'une série, d'une chanson, d'une sonorité qui circule. Utile pour savoir si votre coup de cœur risque d'être partagé par trois enfants de la même classe, inutile pour savoir s'il vous ressemble.
En revanche, les listes sont d'excellents déclencheurs de discussion. Parcourez-en une ensemble, à voix haute, et notez non pas les prénoms retenus mais les réactions. « Trop mou », « ça fait vieux », « c'est le prénom de ma cheffe » : chaque rejet raconte quelque chose d'une histoire personnelle. C'est cette matière-là qui permet d'avancer, bien plus que le prénom qui gagne des places cette année.






