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Comment apprendre à nos enfants à se réjouir ? Plutôt que de dire « tu ne sais rien apprécier »

Élise Durand4 min de lecture
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Comment apprendre à nos enfants à se réjouir ? Plutôt que de dire « tu ne sais rien apprécier » — Famille
Dans cet article

L’un des plus beaux cadeaux de cet été a été de pouvoir consacrer presque chaque jour du temps à ma fille. Quand elle n’était pas en colonie ou chez ses grands-parents, nous passions du temps ensemble : au parc, à la plage, en balade en ville.

Pourtant, malgré toutes ces activités, j’avais souvent l’impression qu’elle ressentait un manque au cœur de cette abondance. Douce et flexible, mais aussi déterminée et affirmée — des qualités qui seront ses forces à l’âge adulte. Aujourd’hui, à l’adolescence, il est parfois difficile de trouver un terrain d’entente.

Elle n’obtient pas tout ce qu’elle souhaite et comprend pourquoi nous ne pouvons pas avoir un autre animal de compagnie. Pourtant, il lui arrive de réclamer un gâteau et une boisson au café, pour ensuite presser le pas vers la prochaine activité après seulement deux bouchées. C’est comme si le plaisir attendu ne durait que jusqu’à ce qu’elle l’ait obtenu.

Penser au futur plutôt qu’au présent

Dans mon enfance, une journée à la plage était un vrai miracle. Nous ne craignions pas de rater quelque chose — il y avait le lac Balaton, que demander de plus ?

Aujourd’hui, je vois que la génération Alpha a de plus en plus de mal à se poser dans le moment présent. Comme si la joie de l’instant était éclipsée par la course à la prochaine expérience : un autre site à visiter, une autre aventure, une version « meilleure » de quelque chose…

Cet été, j’ai réalisé que, comme parent, ma mission principale est d’apprendre à ma fille — et à moi-même — comment être pleinement présent. Comment savourer ce qui se passe ici et maintenant, au lieu de courir après la prochaine opportunité.

Plutôt que « tu ne sais rien apprécier »

J’évite les phrases que j’entendais enfant, ou que je pourrais transmettre sans le vouloir. Je préfère montrer que les expériences valent plus que les objets. Heureusement, ça fonctionne bien. Les études montrent que dans le dilemme « expérience contre objet », ce sont les expériences qui laissent une trace durable dans notre satisfaction.

La recherche en psychologie confirme depuis des années que ce que nous vivons devient partie intégrante de notre identité, tandis que les objets finissent par nous sembler banals. Je ne cherche pas à imposer une vérité absolue (si vous la connaissez, écrivez-moi !) ni à diaboliser les gadgets ou les jeux. C’est plutôt un rappel pour nous tous : ce n’est pas la quantité d’objets, mais la richesse des expériences qui compte vraiment.

Mon plus grand défi reste : comment parler du présent et de la gratitude sans susciter de culpabilité ? Comment expliquer que ce qu’elle considère comme normal à 9 ans était une rareté pour moi à 18 ans ? Et surtout, comment éviter de lui raconter les mêmes histoires moralisatrices qui me faisaient lever les yeux au ciel quand j’étais ado ?

J’ai trouvé la réponse dans le voyage

Je ne veux pas donner de leçons à ma fille sur le monde, mais lui ouvrir une fenêtre pour qu’elle construise son propre regard. Qu’elle remarque ce qui l’entoure. Quand nous partons, je l’encourage à poser des questions et je partage mes échecs et expériences, de mon enfance à aujourd’hui. Je crois que la gratitude et la présence ne s’enseignent pas par des discours, mais par l’exemple.

Il est intéressant de voir que cette génération a tout pour vivre mieux, mais attend souvent quelque chose en plus. Peut-être parce qu’elle n’a jamais connu le pire. Je ne veux pas non plus juger. Aujourd’hui, je revis avec un autre regard les histoires de ma grand-mère sur les soldats russes qui dormaient dans la première pièce de leur maison. Enfant, c’était juste « intéressant », maintenant je ressens la peur, la vulnérabilité, l’injustice derrière ces récits.

Je pourrais être reconnaissante de ne pas avoir à accueillir chez moi quelqu’un qui n’aurait pas sa place dans mon pays — mais je ne remercie pas pour cela, car c’est naturel que seuls mes proches vivent avec moi. Je suppose que les membres de la génération Alpha ressentent la même chose…

Peut-être que le problème ne vient pas de la quantité d’activités ou d’opportunités, mais du fait que nous n’avons pas appris à nos enfants à en profiter pleinement. Ce n’est pas la quantité qui manque, mais la présence. Les enfants ne demandent pas forcément plus — ils veulent autre chose : de l’espace, leur mot à dire, un rythme où ils peuvent trouver leur propre joie.

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