La plupart des experts s’accordent à dire que ce n’est pas tant le divorce en lui-même qui est traumatisant pour un enfant, mais plutôt la manière dont les parents vivent cette étape.
Ce n’est pas la séparation physique qui affecte le plus les enfants, mais les disputes, tensions et blessures émotionnelles qui l’entourent. Si les parents respectent certaines règles de base, le divorce ne laisse pas forcément une cicatrice plus profonde qu’un changement d’école ou toute autre transition inévitable. Ce n’est pas simple, mais avec une attention consciente, on peut préserver la stabilité de l’enfant.
Trois ans après notre divorce, je peux dire avec confiance que notre fille s’est très bien adaptée à la nouvelle situation. Bien sûr, la certitude absolue ne viendra qu’à l’âge adulte, mais au quotidien, elle semble en sécurité, équilibrée et heureuse. Cela a demandé un travail conscient de notre part à tous les deux.
Dès le début de notre séparation, mon ex-mari et moi avons décidé : aussi douloureuse ou difficile que soit la situation, nous ne dirons jamais de mal l’un de l’autre devant notre fille. Pour un enfant, sa mère et son père sont également importants, et il ne devrait pas avoir à choisir entre eux.
Nous savions que si nous commencions à semer des tensions en dénigrant l’autre parent, c’est elle qui en souffrirait le plus – et malgré la douleur et l’amertume que nous ressentions alors, nous ne voulions pas cela.
C’est pourquoi notre autre règle essentielle était de traiter nos blessures personnelles rapidement, parfois avec l’aide d’un professionnel. Nous ne voulions pas nier ou minimiser ces blessures – chaque divorce apporte son lot de déceptions, colère ou douleur –, mais nous savions aussi que ce travail était indispensable et que, malgré la difficulté, ces émotions négatives ne devaient pas influencer notre rôle de parents. Quand il s’agit de notre fille, nous ne pouvons pas laisser le passé dicter nos choix.
Après le divorce, nous sommes restés tous les deux actifs dans sa vie. Nous assistons ensemble aux fêtes de l’école et de la crèche, célébrons son anniversaire à deux, et décorons encore le sapin de Noël ensemble. Ce n’est pas toujours simple, car il faut du temps pour retrouver une présence naturelle à côté de l’autre. Mais pour nous, c’était clair : notre fille a le droit d’avoir ses deux parents pleinement présents, sans se sentir mal à l’aise quand nous sommes tous réunis.
Notre situation a été facilitée par le fait que l’intérêt de notre enfant était notre priorité commune, et que nous étions tous deux prêts à faire le travail émotionnel nécessaire. Ce n’est pas le cas de tous les divorces.
Souvent, un seul parent essaie de maintenir la paix, tandis que l’autre, blessé, ne peut ou ne veut pas s’investir dans ce travail. C’est très difficile, et j’ai beaucoup d’empathie pour ces parents, car dans ces moments, c’est celui qui a le plus de raisons d’être en colère qui doit être le plus grand pour le bien de l’enfant.
Il faut une grande discipline et une force intérieure pour ne pas dire du mal de l’autre, même quand on en aurait toutes les raisons. Mais pour un enfant, le plus important est de sentir que ses deux parents l’aiment, et qu’il n’a pas à choisir entre eux. Si on y parvient, le divorce, aussi douloureux soit-il, ne devient pas un traumatisme à vie.
Notre histoire montre qu’il est possible de divorcer sans blesser l’enfant. Pas parce que tout a été facile, mais parce que nous avons travaillé consciemment pour que notre boussole soit le bonheur de notre fille, pas nos blessures. Trois ans plus tard, je peux dire sans hésiter : cela valait tous les efforts.











