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Faut-il aller à un mariage qu'on désapprouve ? Ce que votre présence dit vraiment

Schuster Borka4 min de lecture
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Faut-il aller à un mariage qu'on désapprouve ? Ce que votre présence dit vraiment — Famille

Article d'opinion

Une amie m'a appelée il y a peu avec un dilemme qui semble simple en apparence, mais qui s'avère étonnamment difficile à trancher. Elle a reçu un faire-part pour le mariage estival de sa cousine — et au lieu de se réjouir, elle a senti son estomac se nouer. Elle considère cette relation comme une erreur depuis le début.

Selon elle, sa cousine et son fiancé sont trop jeunes et trop différents : l'une est ambitieuse et déterminée, l'autre lui semble dispersé, profiteur, pas vraiment à la hauteur. Elle a essayé d'en parler doucement, mais s'est heurtée à un mur. Aujourd'hui, elle est face à une impasse : aller au mariage, c'est cautionner une décision qu'elle juge mauvaise. Ne pas y aller, c'est blesser quelqu'un qu'elle aime.

Ce qu'elle me demandait, au fond, ce n'était pas si elle avait raison. C'était : que faire de tout ça ?

Je n'ai pas de réponse universelle, et je ne vois pas l'avenir mieux qu'elle. Mais le conseil que j'ai essayé de lui donner est celui-ci : dans cette situation, ce qui compte le plus, ce n'est pas ce qu'elle pense de cette relation. C'est le type de lien qu'elle veut préserver avec sa cousine.

Ce n'est pas la même chose

C'est une réaction très humaine : quand on voit quelqu'un qu'on aime faire ce qu'on croit être une erreur, on veut intervenir. Prévenir, mettre en garde, parfois même convaincre. Et jusqu'à un certain point, c'est légitime. Mon amie l'a déjà fait : elle a exprimé ses doutes, elle a parlé à sa cousine, elle n'a pas regardé ailleurs. Elle ne peut pas faire davantage sans franchir une ligne.

Un mariage n'est pas un débat. Ce n'est pas l'occasion de ressortir ses réserves une dernière fois, ni de signifier subtilement qu'on pense que c'est une erreur de s'engager avec cet homme.

Un mariage est la célébration d'une décision — même quand on ne la partage pas personnellement.

Mon conseil a été le suivant : si elle y va, qu'elle y aille en tant qu'invitée — pas en observatrice critique. Cela ne signifie pas qu'elle doit changer d'avis du jour au lendemain. Cela signifie qu'elle le met de côté pour une journée. Pas de commentaires, pas d'allusions, pas de regards complices échangés dans le dos des mariés. Elle est présente, elle sourit, elle félicite — comme on le fait à un mariage.

Parce qu'il ne s'agit pas seulement de ce qu'elle pense du fiancé. Il s'agit de ce qu'elle dit à sa cousine. Si elle y va, le message est : « Tu comptes pour moi, même quand je ne suis pas d'accord avec toi. » Si elle n'y va pas, le message est : « Je ne peux pas être là pour toi dans ce moment. »

Et cette deuxième phrase laisse une marque bien plus profonde qu'on ne le croit sur le moment.

Il y a aussi une perspective à plus long terme. Si mon amie a raison, et que cette relation se révèle difficile, viendra un moment où sa cousine aura besoin d'aide. Et à ce moment-là, ce qui comptera, ce ne sera pas qui avait vu juste. Ce sera vers qui elle pourra se tourner.

Si elles se sont éloignées parce qu'elle a choisi de rester à l'écart ou d'être constamment critique, sa cousine ne se sentira peut-être pas libre de lui demander du soutien. En revanche, si elle a senti qu'on était là pour elle sans la juger, les chances qu'elle s'ouvre seront bien plus grandes.

Le jour du mariage, ce n'est plus le moment

Cela ne veut pas dire qu'il faut tout accepter en silence pour toujours. Cela veut dire qu'il faut trouver l'équilibre entre honnêteté et loyauté. Exprimer ses inquiétudes une fois, avant le mariage, est tout à fait acceptable. Le jour J, en revanche, ce n'est plus le lieu.

Nous avons aussi parlé de ce à quoi elle devrait faire attention si elle y assiste. Par exemple, éviter les conversations où l'on « débriefe » le couple avec d'autres invités. Ces échanges soulagent peut-être sur le moment, mais ils abîment les relations sur la durée.

Il faut également surveiller ses propres signaux non verbaux : un demi-sourire forcé, un regard en coin en disent parfois plus long que n'importe quelle parole.

Mais attention à l'excès inverse : il n'est pas nécessaire de surjouer l'enthousiasme si ce n'est pas sincère. Une présence respectueuse et chaleureuse suffit amplement.

En fin de compte, je lui ai dit que cette situation ne parle pas vraiment du mariage. Elle parle de notre capacité à accepter que les gens qu'on aime prennent parfois des décisions avec lesquelles on n'est pas d'accord. Et de ce qu'on choisit alors : avoir raison, ou rester proche.

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