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Je les envie quand je vois d’autres familles si unies – Est-ce un problème si nous n’avons jamais su l’être ?

Farkas Margaréta5 min de lecture
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Je les envie quand je vois d’autres familles si unies – Est-ce un problème si nous n’avons jamais su l’être ? — Famille
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C’est toujours étrange de voir à quel point d’autres familles restent soudées. Un repas partagé, des vacances ensemble ou même une petite habitude qui fait qu’ils semblent vraiment former un tout. Moi, je n’ai jamais ressenti cette sécurité ni cette proximité. Chez nous, la famille s’est plutôt dispersée en morceaux, sans jamais qu’une main forte ne rassemble tout le monde. Enfant, je pensais que c’était naturel, mais adulte, je ressens combien cela m’a manqué.

J’ai plusieurs frères et sœurs, pourtant c’est comme si nous vivions tous des vies séparées, sur des îles différentes. Ni nos parents ni nos grands-parents, du côté maternel ou paternel, n’étaient du genre à rassembler souvent la famille. Pas de grands déjeuners du dimanche où tout le monde rit ensemble, ni de vacances communes dont on raconterait les souvenirs pendant des années. Quand il y avait des tentatives, elles engendraient souvent des tensions avant ou après. J’étais la plus jeune, la « petite », toujours à essayer de me raccrocher aux autres, mais je n’ai jamais vraiment senti que ça fonctionnait. J’ai souvent rêvé d’avoir une base familiale solide, mais chacun vivait sa vie. Cela ne veut pas dire que nous ne nous aimions pas, juste que nous n’avons jamais appris à rester unis. Aujourd’hui, quand je vois une famille qui célèbre ensemble ou se soutient dans les moments difficiles, un sentiment d’envie me submerge. Ce n’est pas de la jalousie malveillante, juste une tristesse douce-amère : pourquoi n’avons-nous jamais su faire pareil ?

Frères et sœurs – mais pourtant éloignés

Beaucoup pensent que quand on a plusieurs frères et sœurs, on n’est jamais seul. Chez nous, ce n’était pas le cas. Chacun a suivi son propre chemin, et au lieu de se renforcer mutuellement, nos vies ont juste couru en parallèle.

Enfant, j’essayais de me rapprocher d’eux, mais souvent je sentais que l’écart d’âge était trop grand, qu’ils avaient trop de leurs propres soucis, et qu’ils ne prêtaient pas vraiment attention à moi.

En tant que benjamine, j’avais toujours l’impression que c’était à moi de m’adapter. Quand il y avait des activités communes, ce n’était pas moi qui décidais les règles, je me contentais de suivre. Souvent, j’étais plutôt une observatrice silencieuse, qui écoutait et essayait de comprendre pourquoi notre famille ne fonctionnait pas comme les autres. Ce rôle a longtemps influencé ma façon de me percevoir au sein de la famille.

Un désir de communauté

Quand je vois une famille qui fête les anniversaires ensemble, qui se retrouve le dimanche midi, où chacun peut rentrer chez soi à tout moment, mon cœur se serre. Pas parce que je leur souhaite du mal, mais parce que je sais que cela m’a manqué. Chez nous, même les fêtes ne rassemblaient pas tout le monde, il manquait toujours une partie de la famille, jamais tout le monde autour de la même table.

Cela créait un manque, mais avec ceux qui étaient présents, des liens forts se sont quand même tissés, et ils comptent encore beaucoup pour moi. Pourtant, ce désir de voir la famille unie revient sans cesse, surtout pendant les fêtes. C’est un manque qui ne disparaît pas, même si on apprend à le compenser autrement.

Construire sa propre famille

C’est peut-être pour ça que j’ai un fort désir de faire autrement un jour.

Que dans ma propre famille, il y ait des habitudes partagées, des moments chaleureux, et une vraie solidarité. Que les déjeuners du dimanche résonnent de rires, et que chacun sache qu’il peut toujours compter sur l’autre.

Ce ne sera sûrement pas facile, mais je crois qu’on peut briser les schémas et construire du neuf.

Je ne suis pas seule avec ce sentiment

Longtemps, j’ai cru que seule notre famille fonctionnait ainsi, éclatée, et que c’était ma faute de désirer quelque chose que je n’avais jamais eu. Mais en grandissant, j’ai vu de plus en plus de familles comme la nôtre. J’ai compris que ce n’est pas rare, c’est la réalité de beaucoup.

Je ne pense toujours pas que ce soit « normal », mais ça m’a rassurée de ne pas être seule. Savoir que d’autres vivent des manques similaires m’a aidée à moins me blâmer et à chercher ma propre voie.

L’ombre du passé et la force du présent

Les manques de l’enfance me hantent souvent, surtout lors des événements familiaux. Mais aujourd’hui, je ressens plus de motivation que de douleur. Le passé ne peut pas être changé, mais le présent oui. Et c’est moi qui décide à quel point je laisse les vieilles blessures définir mon avenir.

Quand je rencontre quelqu’un qui a grandi dans des circonstances similaires, je ressens toujours un lien inexplicable, même si ce n’est qu’après quelques phrases superficielles que je réalise que nous partageons le même vécu.

Je plaisante souvent en disant « calme-toi, notre famille n’est pas normale non plus ». Beaucoup pensent que la leur est la plus étrange, alors que nous portons tous un peu de ça. Pourtant, je suis reconnaissante envers ma famille, car j’ai grandi avec des valeurs qui m’ont rendue autonome et m’ont appris à réaliser ce que je souhaite.

Et est-ce un problème que nous n’ayons jamais su rester unis comme d’autres familles ? Aujourd’hui, je dis que non. Ce manque m’a laissée un vide, mais aussi la force de construire consciemment autre chose. C’est pourquoi j’encourage tous ceux qui ressentent la même chose : chacun a la possibilité de créer quelque chose de différent et de meilleur. Il ne faut pas répéter les schémas, c’est à nous d’écrire la suite de notre histoire.

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