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« Je voulais partir un week-end entre copines, mais mon mari était incapable de gérer » : elle ne veut pas divorcer, juste récupérer un peu de sa vie

Szőke Angéla5 min de lecture
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« Je voulais partir un week-end entre copines, mais mon mari était incapable de gérer » : elle ne veut pas divorcer, juste récupérer un peu de sa vie — Famille
Dans cet article

On éviterait bien des divorces si les hommes comprenaient une seule chose.

Elle-même

Un jour, ma femme m'a annoncé qu'elle voulait se retrouver. Comme ça, sans prévenir, en pleine conversation. J'étais en train de porter une bouchée à ma bouche, et mon geste est resté suspendu dans le vide.

Aussitôt, toutes les alarmes se sont mises à sonner dans ma tête. Je n'arrivais à penser qu'à une chose : elle ne m'aime plus, elle ne veut plus être ma femme, elle veut nous quitter avec les enfants, ou peut-être qu'un autre homme lui plaît.

Mais j'ai vite compris que ce n'était pas de notre mariage qu'elle voulait sortir, mais du fait que sa vie tourne autour des autres depuis des années. Élever nos trois enfants l'accaparait tellement qu'elle commençait à se perdre. Au début, je l'ai trouvée égoïste : à quoi s'attendait-elle donc ? Être mère, c'est comme ça ! Puis je l'ai écoutée. Et à la fin de la conversation, non seulement je ne lui en voulais plus, mais j'avais aussi compris à quel point je vivais dans un privilège.

Une preuve d'amour ?

Nous, les femmes, on nous apprend dès le plus jeune âge que le sacrifice total est une façon de prouver son amour à sa famille. On fait passer notre mari, nos enfants, pratiquement tout le monde avant nous. On est présentes à chaque événement scolaire et familial, disponibles pour quiconque a besoin d'aide ou d'un soutien émotionnel.

Et cela dure des années, jusqu'au jour où l'on finit par se poser la question : où sommes-nous, nous, dans ce tableau familial parfait que nous avons créé ?

Ce moment est arrivé chez moi – comme chez la plupart des femmes – autour de la quarantaine. Je voulais partir un week-end entre copines, mais c'était impossible : la famille ne pouvait pas fonctionner sans moi. Mon mari n'aurait pas su assurer : impossible pour lui de préparer notre fille et de l'emmener à son concours de danse, de gérer la logistique du cadeau et du gâteau pour l'anniversaire auquel notre fils était invité, ou encore de cuisiner à l'avance le dimanche les repas de la semaine pour les enfants.

Alors, pendant que mes amies se prélassaient au spa dans une région viticole, moi, comme d'habitude, j'ai travaillé tout le week-end. Et mon mari, lui, pour « ne pas être dans mes pattes », est parti tranquillement à la pêche. C'est à ce moment-là que je me suis dit : je refuse que ce soit encore ma vie.

Le point de bascule

J'ai remarqué que les femmes, autour de quarante ans, arrivent toutes au même point, même quand elles ont choisi des chemins de vie différents. Moi, j'ai eu des enfants tôt : j'ai passé mes derniers examens à l'université déjà enceinte. J'étais ce que mes parents et mon mari attendaient de moi, alors que je n'avais même pas encore vécu. À peine sortie de l'école, sans aucune expérience de la vie, je suis devenue mère. Je ne sais même pas qui je suis en dehors de ma famille. Quel est mon loisir ? Aucune idée, je n'ai jamais eu le temps de le découvrir.

Ma sœur, elle, a eu ce temps : elle a eu un travail, une carrière, des amis et plusieurs relations avant de se poser. Elle a voyagé, vécu seule, elle était indépendante et avait une image d'elle-même bien affirmée. Puis elle s'est mariée, a eu un enfant, et a peu à peu démonté tout cela pour mieux entrer dans le rôle de femme au foyer et de mère.

Aujourd'hui, elle dit qu'elle ne se reconnaît plus, parce que sa personnalité s'est dissoute dans le repassage des chemises de son mari, l'organisation des activités extrascolaires des enfants et les préparatifs en cuisine pour les réunions de famille. Nous sommes parties de points différents, et pourtant nous avons atterri exactement au même endroit.

Ce n'est pas juste

Ce qui me révolte, c'est que ce renoncement à soi ne touche que les femmes. Leurs maris continuent de sortir avec leurs amis, leur carrière poursuit son envol, et personne ne les traite d'égoïstes s'ils s'adonnent à leur hobby le week-end.

« Le pauvre, il trime toute la semaine, laisse-le jouer un peu à la console, bricoler sa moto, gratter sa guitare, il a bien mérité ça ! »

Pendant ce temps, la femme lave, étend, repasse et plie la montagne de linge, fait le ménage dans toute la maison, prépare deux plats différents et s'occupe des enfants en même temps. Mais ça, c'est normal, c'est attendu, c'est le minimum.

Et après, on s'étonne qu'elle en ait assez. Pourtant, il ne s'agit pas de ne plus aimer ses enfants, ni de vouloir un nouveau partenaire : elle veut simplement récupérer un peu de sa vie.

Pourquoi tant de femmes se perdent-elles autour de la quarantaine ?

Parce que, pendant des années, leur vie a tourné autour de leur mari et de leurs enfants. Comme le raconte l'article, beaucoup finissent par ne plus savoir qui elles sont en dehors de leur rôle de mère et d'épouse.

Vouloir se retrouver, est-ce vouloir divorcer ?

Non. L'histoire le montre clairement : elle ne cherchait ni à quitter son mari ni à rencontrer quelqu'un d'autre, mais à sortir d'une vie entièrement consacrée aux besoins des autres.

Pourquoi ce renoncement à soi concerne-t-il surtout les femmes ?

Parce qu'on leur apprend très tôt que le sacrifice total est une preuve d'amour. Pendant ce temps, les hommes gardent souvent leurs amis, leur carrière et leurs loisirs sans que personne ne les juge égoïstes.

Que peut faire un mari pour aider ?

Écouter vraiment, comme l'a fait le narrateur, puis prendre en charge une part réelle des tâches et de la logistique familiale, afin que sa compagne puisse aussi souffler et exister pour elle-même.

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