Il y a deux façons de vivre une journée à la plage au mois d'août. La première commence par vingt minutes de tours dans un parking bondé, se poursuit sous un soleil vertical sans une once d'ombre et se termine par une voiture pleine de sable et de mauvaise humeur. La seconde, franchement identique en apparence, tient à trois ou quatre décisions prises avant de fermer la porte de la maison. Ces derniers jours, une histoire de stationnement acrobatique au bord de l'eau a beaucoup circulé sur les réseaux, et elle dit surtout une chose : l'envie de se garer au plus près du sable nous fait parfois perdre tout bon sens. Autant s'organiser pour ne pas en avoir besoin.
Choisir son créneau plutôt que sa plage
La plupart des gens choisissent d'abord un lieu, puis se demandent quand y aller. Faites l'inverse. En plein mois d'août, le créneau compte davantage que le nom de la crique. Entre le milieu de matinée et le milieu d'après-midi, tout le monde arrive en même temps, le soleil tape à la verticale, le sable brûle et l'ombre naturelle a disparu. Les deux fenêtres confortables sont donc le tout début de matinée, quand la lumière est douce et le parking encore vide, et la fin d'après-midi, quand les familles repartent et que la mer garde la chaleur de la journée.
Regardez aussi l'horaire des marées si vous êtes sur une côte à fort marnage. À marée basse, une plage étroite devient immense et l'eau chaude des flaques ravit les petits ; à marée haute, la même plage peut se réduire à une bande de sable où tout le monde se serre. Ce simple coup d'œil, la veille au soir, évite bien des déceptions.
Se garer loin, arriver détendue
La règle la plus reposante que j'ai adoptée : viser le deuxième ou troisième rang de stationnement, jamais le premier. Une rue en retrait, un parking de bourg, une aire un peu à l'écart, puis cinq à dix minutes de marche. On évite les manœuvres serrées, les sorties impossibles, les bordures et les remblais, et l'on repart sans avoir fait le tour du village. Pour rendre la marche indolore, tout doit tenir dans deux contenants maximum : un sac souple porté sur le dos et une glacière rigide, ou une caisse à roulettes si vous partez avec des enfants.
Le vrai luxe, c'est de ne rien porter à bout de bras. Serviettes roulées à la verticale, gourdes remplies à la maison, parasol ou tente d'ombrage sanglé sur le sac. Et un petit sac de courses vide plié au fond : il servira au retour pour isoler les maillots mouillés.
Le contenu qui change le confort
Une glacière bien pensée vaut mieux qu'une glacière pleine. Au fond, des bouteilles d'eau congelées la veille : elles refroidissent tout et deviennent de l'eau fraîche à boire l'après-midi. Au-dessus, ce qui ne craint pas d'être secoué : tomates cerises, concombre en bâtons, fromage à pâte dure, pain, fruits fermes comme les nectarines ou les pommes. Les préparations à base d'œuf, de crème ou de mayonnaise sont à éviter quand on reste des heures dehors, tout simplement parce qu'elles n'aiment pas les longues attentes à température ambiante.
Côté ombre, ne comptez jamais sur celle d'un arbre ou d'une dune : elle se déplace et disparaît. Un parasol lourd, une voile ou une tente basse valent tout le reste. Ajoutez un tee-shirt sec à enfiler par-dessus le maillot, un chapeau à bords larges, et pensez à remettre de la crème solaire après chaque baignade, y compris sur les oreilles, le dessus des pieds et les tempes, les trois zones que l'on oublie systématiquement.
Quelle est la meilleure heure pour aller à la plage en août ?
Avant neuf heures ou après dix-sept heures, sans hésiter. Le matin, vous avez le sable propre, l'eau calme, un parking accessible et une lumière douce ; en fin d'après-midi, la foule reflue, la chaleur retombe et l'on peut prolonger jusqu'au dîner avec un simple pique-nique. Si vous n'avez pas le choix et arrivez en plein midi, prévoyez un abri d'ombre digne de ce nom et acceptez de faire une longue pause à l'écart du sable, dans un café ou sous les pins, aux heures les plus dures.
Comment garder ses affaires en sécurité pendant la baignade ?
Le principe le plus simple reste de n'emporter que ce que vous accepteriez de perdre : une carte, un peu d'espèces, un téléphone, et rien d'autre. Regroupez ces objets dans une pochette étanche que vous gardez sur vous pendant la baignade, ou installez-vous près d'une famille avec laquelle vous échangez deux mots avant d'aller à l'eau : le voisinage bienveillant reste la meilleure surveillance. Les cachettes dans les chaussures ou sous la serviette ne trompent personne, et laisser les objets de valeur dans la voiture, à la vue, l'est encore moins.











