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Le piège le plus grand de la pensée « ce sera mieux l’année prochaine »

Marguerite Lupin4 min de lecture
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Le piège le plus grand de la pensée « ce sera mieux l’année prochaine » — Mode de vie

Penser « ce sera pour l’année prochaine » est souvent rassurant. C’est comme une douce promesse que l’on se fait à soi-même, qui nous donne du temps, de l’air, et nous fait croire qu’on n’a rien raté. Surtout en fin d’année, quand on est fatigué, quand trop de choses se sont passées, quand on sent qu’on n’a plus la force de changer.

Dans ces moments, il est facile de dire que l’année prochaine sera différente. Qu’on sera plus conscient, plus courageux, qu’on prendra enfin soin de nous, qu’on osera là où on n’a pas osé avant. Mais cette pensée est souvent plus un outil de procrastination qu’un vrai espoir. Pas parce qu’on ne veut pas changer, mais parce qu’on a peur de ce que le changement implique. Peur de l’incertitude, de l’échec, peur de devoir assumer nos choix quand on agit.

« Ce sera pour l’année prochaine » agit alors comme un bouclier protecteur. Tant qu’on attend, on n’a pas à affronter les conséquences ni à se confronter à soi-même.

Quand l’attente dirige ta vie

Beaucoup croient qu’il faut des conditions parfaites pour changer. Qu’on commencera quand le travail sera moins prenant, quand la vie perso sera plus calme, quand les journées seront plus douces.

Le problème, c’est que la vie ne s’adapte que rarement à ces attentes.

Il y aura toujours quelque chose qui capte ton attention, qui épuise ton énergie, ou qui semble être une bonne raison d’attendre encore un peu.

Femme fatiguée au travail se masse l’arête du nez

Mais en attendant, l’insatisfaction devient une habitude. On s’habitue à ne pas se sentir bien dans une situation, on s’habitue à renoncer à des choses, et on apprend à faire taire cette petite voix intérieure qui nous pousse au changement. Le plus grand danger de la procrastination, c’est qu’elle ne fait pas mal tout de suite. Ce n’est pas spectaculaire, ni dramatique, elle transforme doucement notre vie pendant que, sans s’en rendre compte, on s’éloigne de ce qu’on voudrait vraiment.

Souvent, ce n’est pas le manque de temps qui bloque, mais le fait qu’on essaie trop longtemps de répondre aux attentes des autres. On attend que tout le monde soit content, qu’on ne déçoive personne, qu’on ne bouleverse pas l’ordre établi. Pendant ce temps, nos propres besoins reculent jusqu’à ce qu’on ne les considère même plus importants.

Le changement n’est pas une date, c’est une décision

On associe souvent le tournant à la nouvelle année, comme si une date pouvait à elle seule tout remettre en ordre en nous. Pourtant, le temps qui passe ne crée pas de solutions automatiques. L’avenir se construit avec ce qu’on fait ou ne fait pas dans le présent. Si on attend toujours, la pensée « ce sera pour l’année prochaine » revient encore et encore, avec un poids toujours plus lourd.

Le vrai changement commence rarement par de grandes résolutions. C’est plutôt une série de petites décisions conscientes.

Une phrase qu’on a gardée pour soi jusqu’ici. Une limite qu’on pose enfin. Un pas qu’on ne remet pas à plus tard parce qu’on ne se sent pas encore prêt.

Pas besoin de tout résoudre d’un coup, ni d’avoir un plan parfait pour avancer. La découverte la plus libératrice, c’est peut-être qu’on n’a pas besoin d’attendre que tout soit parfait. Pas besoin d’être prêt, ni sûr de tout. Il suffit de reconnaître que procrastiner ne protège pas, ça retarde juste. Au lieu de « ce sera pour l’année prochaine », il suffit souvent de dire « je tente maintenant ».

Parce que le vrai tournant ne vient peut-être pas le premier jour d’une nouvelle année, mais dans ce moment silencieux où on décide pour la première fois de ne plus se remettre à plus tard.

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