Vous est-il déjà arrivé de trouver une éternité le temps que votre café soit prêt, pendant qu’un barista d’à peine 20 ans vous fixe sans aucune expression ? Vous n’êtes pas seul·e : ce visage impassible des jeunes peut mettre beaucoup de monde mal à l’aise dans les interactions sociales.
C’est ce qu’on appelle le « regard Gen Z », ce regard sans sourire qui déroute et que certain·e·s perçoivent même comme un manque de politesse. Mais que cache ce phénomène si particulier et si récent ? Plusieurs facteurs psychologiques et sociologiques se combinent pour éclairer cette question.
Un regard sans sourire n’est pas forcément indifférence ou hostilité
Quand un·e jeune vous regarde sans montrer la moindre émotion, on peut facilement avoir l’impression qu’il ou elle ne vous remarque pas, voire qu’il ou elle vous déteste. Pour les générations plus âgées, cela peut sembler étrange, car pour nous, les expressions du visage et le sourire sont essentiels dans les échanges sociaux.
La Génération Z, née entre 1997 et 2012 environ, a grandi principalement dans l’univers numérique. La pandémie de COVID-19 a accentué cette réalité, avec écoles et amitiés devenues majoritairement virtuelles. Le jeu du visage et les signaux non verbaux ont perdu de leur place, car les appels vidéo et les discussions en ligne ne transmettent pas les émotions comme les rencontres en personne.

Le regard neutre : signe d’authenticité et de limites
Ce regard sans sourire ne traduit pas seulement passivité ou froideur. Pour certains psychologues, il révèle aussi une quête d’authenticité et de sincérité. À l’ère d’internet, le maquillage excessif, les poses et les contenus embellis remettent en question les émotions vraies.
C’est pourquoi beaucoup de jeunes choisissent volontairement une expression « impassible », pour dire qu’ils n’ont pas besoin de sourires hypocrites ou de fausse gentillesse. Cette neutralité est aussi une manière de poser des limites, pour se protéger d’une surcharge émotionnelle inutile et montrer qu’ils ne laissent pas tout le monde entrer dans leur espace émotionnel.
Anxiété sociale, inexpérience ou simple gêne ?
D’autres approches voient dans ce regard sans sourire un signe d’inexpérience ou d’anxiété sociale. Beaucoup de jeunes découvrent les interactions en face à face, après avoir surtout évolué en ligne, et ne savent pas toujours comment gérer ces situations. En d’autres termes : pas de panique si un·e Gen Z vous regarde sans sourire. Ce sont eux qui ont souvent plus peur de vous que vous d’eux !
Pourquoi cela déroute-t-il les générations plus âgées ?
La psychologie évolutionniste explique que le contact visuel est un signal social fondamental : il peut signifier attention, proximité ou menace. Quand quelqu’un ne rend pas le regard ou fixe sans sourire, cela génère souvent anxiété et malaise.
Pour les générations plus âgées, un regard sans sourire n’est pas neutre, mais un « mauvais signe » qui suggère fermeture ou hostilité. Ce malentendu crée souvent des tensions entre générations, car elles interprètent différemment les signaux non verbaux.
Comment gérer consciemment cette situation ?
Il est important d’essayer d’être plus ouvert·e face aux comportements des plus jeunes. Ils ne cherchent pas toujours à blesser ou exclure, mais ont souvent une culture de communication différente et des limites émotionnelles à poser.
Si un regard sans sourire vous met mal à l’aise, faites preuve de patience et cherchez à comprendre ce qui se cache derrière.
Dans un contexte professionnel ou commercial, il peut être utile d’en parler ouvertement et respectueusement, pour aider les jeunes à développer leur intelligence émotionnelle et leur communication non verbale.
En même temps, leur attitude nous enseigne aussi l’importance de l’authenticité et qu’il n’est pas nécessaire de toujours se conformer aux attentes habituelles.
Le regard sans sourire de la Génération Z est un phénomène complexe et multi-couches, qui reflète à la fois les changements sociaux, l’impact du numérique, la protection émotionnelle et les différences de styles de communication entre générations. Avec compréhension, patience et ouverture, on peut dépasser ce fossé apparent et enrichir nos relations.











