C'est une petite humiliation domestique très répandue : on sort une machine de linge propre, on approche le nez d'une serviette, et il en monte une odeur de cave humide. Rien à voir avec la lessive ni avec la dureté de l'eau. Dans la quasi-totalité des cas, c'est la machine elle-même qui est sale — et comme elle est le seul appareil de la maison qu'on ne nettoie jamais, le phénomène s'installe tranquillement pendant des mois.
D'où vient vraiment l'odeur
Trois habitudes modernes se combinent. On lave à 30 degrés, ce qui est excellent pour les vêtements et la facture, mais insuffisant pour dissoudre les corps gras et empêcher les bactéries de s'installer. On dose la lessive à la louche, et l'excédent ne part pas : il forme un film gluant dans les conduits, auquel s'accrochent peluches et résidus. Enfin, on referme le hublot aussitôt la machine vidée, en enfermant l'humidité à l'intérieur.
Le résultat est ce fameux biofilm, un dépôt gras grisâtre que l'on découvre en passant un doigt sous le joint. Il ne disparaît pas tout seul et il recontamine le linge à chaque cycle.
Le joint de hublot et le bac à lessive
Commencez par le joint en caoutchouc : écartez délicatement le pli avec les doigts et regardez dessous. Vous y trouverez de l'eau stagnante, des cheveux, parfois une chaussette oubliée, et une couche noirâtre. Nettoyez avec un chiffon imbibé d'eau très chaude additionnée d'un peu de liquide vaisselle, en faisant le tour complet, puis essuyez à sec. Les taches noires incrustées dans le caoutchouc s'estompent avec une pâte de bicarbonate laissée vingt minutes, mais une partie peut rester : l'important est que la surface ne soit plus grasse.
Passez ensuite au tiroir à lessive. La plupart se retirent entièrement en appuyant sur une petite languette au fond du compartiment assouplissant. Laissez-le tremper dans l'eau chaude, brossez les angles avec une vieille brosse à dents, et n'oubliez pas de nettoyer la cavité dans laquelle il se loge : c'est souvent là que se cachent les dépôts les plus spectaculaires.






