J'ai cuisiné dans des cuisines minuscules de locations italiennes, dans des maisons de famille aux placards profonds comme des grottes, et dans ma propre cuisine parisienne où deux personnes ne peuvent pas se croiser. La leçon est toujours la même : ce n'est pas la surface qui fatigue, c'est le nombre de pas inutiles. Une cuisine bien rangée, ce n'est pas une cuisine où tout est assorti sur des photos ; c'est une cuisine où préparer un dîner de semaine ne demande ni gymnastique ni chasse au trésor.
Observer d'abord, vider ensuite
Avant de tout sortir sur la table, faites un repérage. Pendant deux ou trois repas, notez mentalement les moments d'agacement : la passoire au fond du placard bas, l'huile qu'on va chercher à l'autre bout, le tiroir qu'on ouvre trois fois pour trouver l'économe. Ces micro-irritations sont la carte de votre futur rangement, bien plus utile que n'importe quel plan théorique.
Ensuite seulement, videz un meuble à la fois — jamais la cuisine entière, sous peine d'abandonner à mi-chemin avec un plan de travail inutilisable au moment du dîner. Trois piles : ce que vous utilisez chaque semaine, ce que vous utilisez quelques fois par an, ce que vous n'avez pas touché depuis deux ans. La troisième pile part, se donne ou descend à la cave sans remords.






