Il suffit d'un panneau repeint pendant les vacances pour que la course hebdomadaire devienne un parcours d'obstacles. On cherche la farine là où elle n'est plus, la marque de yaourts habituelle a disparu, les étiquettes ont changé de couleur, et l'on ressort avec un caddie plein, une addition étrange et aucune idée de ce que l'on va cuisiner ce soir. Le débat sur les rapprochements d'enseignes revient régulièrement dans l'actualité ; ce qui nous concerne, nous, c'est plus terre à terre : notre panier, notre budget, et l'énergie mentale que tout cela consomme.
Pourquoi un magasin réorganisé nous coûte plus cher
Nos courses fonctionnent en grande partie à l'automatisme. On connaît le trajet dans les rayons, on sait où sont les produits que l'on achète toujours, et cet automatisme est une économie d'attention formidable. Dès qu'il est cassé, on redevient un client débutant : on erre, on cède aux têtes de gondole, on prend le premier produit visible plutôt que celui que l'on voulait, on oublie deux ingrédients et l'on repasse le surlendemain. Un changement d'enseigne, une nouvelle implantation des rayons ou une gamme renouvelée suffisent à faire remonter la facture sans que rien n'ait vraiment augmenté.
La bonne nouvelle : puisque le problème est un problème d'automatismes, la solution en est un aussi. Il ne s'agit pas de devenir une experte des prix, mais de reconstruire deux ou trois habitudes solides, assez simples pour tenir un mardi soir de rentrée avec un enfant qui a faim.






