Il suffit qu'une nouvelle intelligence artificielle fasse le tour des fils d'actualité pour que la conversation reprenne dans les open spaces : celle qui dit qu'elle l'utilise pour tout, celle qui refuse d'y toucher, et la majorité silencieuse qui s'en sert un peu, en s'excusant presque. Cette semaine, entre deux discussions sur une IA présentée comme spectaculairement puissante, j'ai entendu la même phrase trois fois : « je ne sais plus ce que je suis censée faire moi-même ». C'est une bonne question, et elle mérite mieux qu'une réponse en forme de panique. Elle mérite une méthode.
Commencez par trier vos tâches en trois piles
Prenez une semaine type et notez tout ce que vous produisez : comptes rendus, relances, tableaux, présentations, réponses à des demandes internes. Puis rangez chaque tâche dans une des trois piles suivantes. La première : les tâches à format répétitif, où la qualité attendue est la clarté, pas l'originalité. La deuxième : les tâches qui demandent un jugement, c'est-à-dire une décision que vous devrez assumer devant quelqu'un. La troisième : les tâches relationnelles, celles où le contenu compte moins que le lien.
La première pile est celle où un outil vous fait gagner un temps réel : structurer un premier jet, reformuler un paragraphe trop long, transformer des notes brutes en compte rendu lisible, préparer une trame de réunion. La deuxième pile ne se délègue pas, même si la machine sait produire un texte convaincant : arbitrer un budget, choisir entre deux candidats, décider si un projet s'arrête. La troisième pile encore moins. Une lettre de félicitations générée en quatre secondes se repère, et elle abîme davantage la relation qu'un message maladroit écrit à la main.





