Le Nouvel An ne commence souvent pas vraiment le 1er janvier, mais déjà plusieurs semaines avant. Du moins dans nos pensées. Nous dressons des listes de ce qu’il faudrait changer, de ce que nous avons raté l’année précédente, et de comment devenir une « meilleure » version de nous-mêmes. Et sur ces listes, le régime y figure presque toujours. Comme si notre corps était la preuve principale de notre valeur. Pourtant, de plus en plus d’entre nous ressentent que cette idée n’est pas libératrice, mais épuisante.
Le régime de janvier, un scénario qui se répète chaque année
Personnellement, chaque fin d’année, je classais parmi mes résolutions les plus importantes de commencer un régime en janvier. Presque automatiquement. C’était comme une phrase obligatoire à la fin de la période des fêtes : « C’était bien, mais maintenant ça suffit. » Comme si les biscuits de Noël, les grands repas et les soirées cocooning n’étaient acceptables que si je me rachetais ensuite. Cette attitude semblait rassurante au premier abord. Elle donnait l’illusion que je maîtrisais la situation. Que tout rentrerait dans l’ordre à partir de janvier.
Quand le « à partir de janvier » devient un poids plutôt qu’une solution
Mais au bout d’un moment, j’ai réalisé que cette résolution ne me motivait pas, elle me stressait. Pendant les fêtes, l’idée que tout allait changer bientôt me trottait déjà dans la tête. Les règles, les interdits, la pesée constante, au sens propre comme au figuré, allaient arriver.
Pour moi, le régime ne parlait pas de santé, mais de dire non en permanence.
Dire non à la nourriture, aux situations, aux invitations. Et finalement à une partie de moi-même aussi.
Le duo étrange de la joie et de la culpabilité
Une des prises de conscience les plus difficiles a été de voir à quel point joie et culpabilité étaient liées en moi. Après un bon repas, je ne ressentais pas de satisfaction, mais je faisais des comptes. Un moment partagé autour d’un gâteau ne devenait pas un souvenir, mais un « écart ». Ainsi, le régime du Nouvel An n’était pas un nouveau départ, mais une punition. Un message tacite à moi-même : « Tu as exagéré, il est temps de remettre de l’ordre. »

En 2025, je me suis arrêtée un instant
En 2025, ma première pensée n’a pas été ce que je devais m’interdire. Mais plutôt pourquoi, depuis des années, je ressens que j’ai toujours besoin de m’améliorer. Pourquoi je pense que l’année ne peut être réussie que si je deviens moins, en kilos, en repas, en plaisirs. C’est là que j’ai décidé que ça suffisait. Assez de ces éternels recommencements qui ne mènent nulle part.

Lâcher prise sur le régime n’est pas abandonner
Il était important pour moi de comprendre que lâcher prise sur le régime ne signifie pas ne pas prendre soin de soi. Ce n’est pas choisir le chaos, ni l’irresponsabilité. C’est plutôt reconnaître que ma relation à moi-même ne peut pas être une lutte constante sous contrôle.
J’ai commencé à me poser d’autres questions :
- De quoi ai-je vraiment besoin maintenant ?
- Ai-je faim ou suis-je simplement épuisée ?
- Qu’est-ce qui me ferait me sentir mieux, pas « moins », mais mieux ?
Corps et esprit : pas des projets séparés
J’ai longtemps traité mon corps comme un projet à part, à améliorer sans cesse. Comme s’il n’avait aucun lien avec ce que je ressens intérieurement. Pourtant, tout est lié. Le stress, la pression à la conformité, l’autocritique se manifestent aussi dans la relation que j’ai avec mon corps. En lâchant le régime comme obligation du Nouvel An, j’ai en réalité ouvert la porte à plus de bienveillance envers moi-même.

On peut avancer sans bonne résolution
Le progrès ne se mesure pas de la même façon pour tout le monde. Certains trouvent la sécurité dans un objectif précis, d’autres dans le fait de ne pas porter de nouvelles attentes. C’est parfaitement OK si votre résolution 2025 était de ne rien promettre. Le progrès est parfois silencieux. Il n’est pas spectaculaire, ni mesurable en chiffres. Parfois, c’est simplement parler moins durement à soi-même.
Que peut apporter un début d’année sans régime ?
- Moins de culpabilité
- Plus de présence pendant les repas
- Une relation plus sincère avec votre corps
- Plus d’énergie pour ce qui compte vraiment
Ce n’est pas une mode, ni une nouvelle règle. C’est plutôt une invitation à ralentir, à porter attention, et à ne pas tout vouloir réparer tout de suite. Si cette année votre bonne résolution n’est pas un régime, ce n’est pas de la paresse, un échec ou un abandon. C’est peut-être le premier pas vers une relation plus apaisée avec vous-même. Et peut-être un changement que vous sentirez toute l’année, pas seulement en janvier.











