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Est-il normal de quitter des amis toxiques ? Voici pourquoi je l’ai fait

Barbara Dubois3 min de lecture
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Est-il normal de quitter des amis toxiques ? Voici pourquoi je l’ai fait — Famille

Je crois que c’est dans l’épreuve qu’on reconnaît ses vrais amis. Après une crise, quand la tempête retombe, on voit clairement qui reste à nos côtés, même quand on n’est pas la compagnie la plus facile.

Je suis infiniment reconnaissante envers les amis qui m’ont soutenue dans les moments difficiles – et aussi parce que j’ai pu être ce soutien pour d’autres. J’ai accompagné des proches dans le deuil, le divorce, l’effondrement. Il y a eu des années où je me suis mise en retrait, car la relation ne tournait pas autour de moi, mais de la survie de quelqu’un d’autre. Je ne vois pas cela comme un sacrifice. L’amitié – du moins pour moi – c’est aussi ça : parfois l’un porte le poids, parfois l’autre.

Pourtant, je pense qu’il arrive un moment où il est sain de quitter une amitié

Quand ce n’est plus une période difficile, mais une dynamique qui s’installe. Quand la relation ne nourrit plus, elle épuise. Et ce moment, je l’ai atteint.

Il y a quelques années, une amie traversait une crise émotionnelle grave. J’ai agi comme je pense qu’il faut : j’ai priorisé ses besoins, j’étais disponible, à l’écoute quand elle avait besoin. Je ne comptais pas ce que je donnais, ni les heures passées, car je n’aurais jamais pensé que ce serait trop.

Un ami ne tient pas de compte.

La situation semblait s’améliorer. Puis une autre crise est arrivée. Puis une autre. Au début, je ne pensais pas que je réagissais de façon excessive. Je sais que quand on est au cœur d’une situation émotionnelle, notre perception se déforme. Ce que ne comprend pas un extérieur ne rend pas les sentiments moins réels pour celui qui les vit.

Deux amies en peignoirs, turban serviette, allongées sur le ventre en train de lire un magazine de mode

Des mois plus tard, j’ai commencé à sentir que mon amie ne se contentait pas de se retrouver dans les drames, mais qu’elle les cherchait activement. Comme si la crise était l’espace où elle pouvait exister, recevoir attention, empathie, présence. Cette vigilance constante, les appels nocturnes, les urgences « maintenant tout de suite » m’ont épuisée, sans que je m’en rende compte, car je n’avais pas envisagé de prendre soin de moi pendant qu’un ami souffre.

Quand il n’y a plus de réciprocité

Puis un proche est décédé. Je préparais les funérailles quand mon amie m’a appelée, en pleine crise émotionnelle à cause d’un SMS d’un ex. Et là, je me suis arrêtée. Je n’étais pas en colère. Je ne voulais pas blesser. Mais j’ai dit clairement que je ne pouvais pas, ni ne voulais, la mettre au centre de mon attention. Que j’avais besoin d’espace, de silence, de soutien. Et que notre amitié ne pouvait pas continuer ainsi.

Ce n’était pas la goutte d’eau que je devais l’aider. Je ne sais pas si ce moment serait jamais arrivé où je me serais lassée de ses difficultés sans cet épisode. Ce qui a compté, c’est que pendant que je priorisais ses besoins longtemps, elle n’a pas pu faire pareil quand mon cœur était en morceaux sur le sol.

La rupture de notre amitié a été douloureuse, mais une leçon essentielle. Elle m’a appris que l’amitié n’est pas un sacrifice de soi. Ce n’est pas une vigilance émotionnelle constante. Ce n’est pas une empathie à sens unique. Et oui : il est sain de quitter une relation qui n’est plus réciproque, ou qui ne l’a peut-être jamais été. Pas parce que l’autre est une mauvaise personne, mais parce que dans une vraie amitié, nous comptons aussi. Nous devrions compter.

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