Bien Logo

La trentaine, ce sont mes plus belles années – et aussi les plus solitaires

Farkas Margaréta7 min de lecture
Partager:
La trentaine, ce sont mes plus belles années – et aussi les plus solitaires — Mode de vie
Dans cet article

Personne ne m'avait prévenue. Je n'ai trouvé aucun article là-dessus, aucun de mes proches ne m'avait mise en garde, et quand j'imaginais, à vingt ans, ce que serait la vie après trente, cette dualité n'existait tout simplement pas dans ma tête.

Je pensais qu'à cet âge, tout serait enfin à sa place. Et d'une certaine façon, c'est vrai. Ce que j'ignorais, c'est que le même processus qui remet les choses en ordre me laisserait aussi, en effet secondaire, un peu seule.

Après trente ans, on finit par savoir qui on est

C'est ce dont je suis le plus fière, et ce que je n'aurais jamais pu affirmer avec autant d'assurance avant. La trentaine, c'est le moment où l'on cesse peu à peu ce débat intérieur permanent qu'on entretient avec soi-même à vingt ans. Qui suis-je, qu'est-ce que je veux, où est-ce que je vais, que pensent les autres de moi ?

Ces questions ne disparaissent pas complètement, mais elles perdent beaucoup de leur pouvoir. Il se forme peu à peu un noyau vers lequel on revient, et qui ne vacille plus lorsque quelqu'un fait un autre choix, prend une autre direction ou n'est tout simplement pas d'accord. C'est ça, la liberté. Une liberté qui ne s'achète pas et qui ne se presse pas : il faut simplement vivre assez d'années pour y accéder.

Savoir ce que j'aime et ce que je n'aime pas, avec quelles personnes j'ai plaisir à passer mon temps et avec lesquelles non : ce type de connaissance est le cadeau de la trentaine, et je le pense vraiment. Sauf que cela s'accompagne d'autre chose.

Les amis ne disparaissent pas, ils sont simplement moins souvent là

Les gens que je voyais chaque semaine à vingt ans sont tout simplement devenus occupés : par leur propre vie, leur partenaire, leurs enfants, leur travail. Moi aussi. Tout le monde a atteint le même âge en même temps, et c'est l'âge où la vie commence à prendre chacun au sérieux.

Ce qui reste : des messages auxquels je réponds parfois plusieurs jours plus tard. Des projets toujours calés deux mois à l'avance. Des rendez-vous qu'on repousse trois fois avant qu'ils n'aient enfin lieu. Ce ne sont pas les signes de la fin d'une amitié, c'est juste le rythme qui a changé. Mais dans ce nouveau rythme, il y a un silence que je n'attendais pas.

Au début, je croyais que ça dépendait de moi. Qu'il fallait y mettre plus d'énergie, prendre plus souvent l'initiative, resserrer les liens. Puis j'ai compris que tout le monde pense exactement la même chose de son côté, et qu'en réalité chacun essaie aussi. Ce sont seulement les agendas qui ne se croisent plus aussi facilement qu'avant.

Le silence qui revient chaque dimanche

Il existe un certain silence du dimanche après-midi que connaît toute personne dans la trentaine. Cette sensation où le week-end s'écoule simplement, ni mal ni dramatiquement, juste doucement. Pas de grand programme, pas d'agenda surchargé, et l'appartement est exactement tel qu'en semaine : le tien, en ordre, familier. Mais le dimanche après-midi, on le remarque davantage.

Ce n'est pas de l'ennui. C'est plutôt une présence plus aiguë, ce moment où rien ni personne ne vient te remplir, où tu es simplement là, avec toi-même. Et c'est à la fois apaisant et un peu difficile. À vingt ans, je remplissais ce temps de sorties, de gens, de bruit. Aujourd'hui, dans la trentaine, je me détends plutôt dans le silence. Est-ce mieux ? Je ne saurais pas toujours le dire.

Cette solitude qui n'est pas de la tristesse

Il est important de faire la distinction, car longtemps je ne l'ai pas faite non plus. La solitude dont je parle n'est pas celle qui fait pleurer : c'est plutôt quelque chose de structurel. Le fait que la vie soit devenue plus étroite, mais aussi plus profonde. Moins de gens, mais ceux qui restent sont vrais. Moins de soirées, mais celles qui arrivent sont mémorables. Moins de bruit, mais dans ce silence, j'entends beaucoup mieux ce que je veux.

Cette solitude-là n'est pas l'ennemie du bonheur. Elle est simplement différente de ce que les réseaux sociaux, les comédies romantiques et nos vingt ans nous ont appris à attendre. On nous a appris que la vie devait déborder d'événements, et que si ce n'était pas le cas, c'est qu'il y avait un problème avec nous.

La trentaine m'a appris qu'un agenda toujours plein n'est pas synonyme d'une vie réussie.

Qu'une soirée seule, avec un livre, dans son propre appartement, où c'est toi qui décides exactement comment le temps s'écoule, c'est aussi une vie. Et elle n'a pas moins de valeur.

Ce que la trentaine m'a offert, ce que mes vingt ans ne pouvaient pas

Je connais plus de choses sur moi-même que jamais. Je sais ce qui me recharge et ce qui me vide, et cette distinction était bien plus floue auparavant. Je sais quand dire oui et quand dire non, et la question de ce que l'autre en pense ne me tourmente plus autant.

Décider est devenu plus facile, parce que mes valeurs se sont en quelque sorte clarifiées : elles n'ont pas disparu, elles ne sont pas devenues rigides, elles sont simplement plus affirmées. Je sais aussi qui j'aime vraiment. Et ce mot, je l'utilise plus rarement aujourd'hui, mais je le pense plus sérieusement.

La trentaine m'a appris que le temps est compté, et que les personnes avec qui on le passe, il vaut mieux bien les choisir.

Trente ans, ce n'est pas une arrivée

Je ne peux pas trancher : cette période est-elle belle ou difficile ? Parce que les deux sont vrais, et qu'ils ne s'excluent pas. Mes années trente m'ont apporté mes meilleures décisions, mes moments les plus assurés, mes relations les plus sincères, et le plus grand nombre de dimanches après-midi passés seule. Tout cela m'appartient, et j'apprends peu à peu que ce n'est pas une contradiction.

C'est peut-être exactement ce que personne ne m'avait dit : trente ans, ce n'est pas une arrivée, mais un étrange équilibre. Là où l'on est à la fois chez soi, en soi, et encore en train de chercher la suite.

La solitude de la trentaine est-elle un signe que quelque chose ne va pas ?

Pas nécessairement. Comme le raconte l'article, cette solitude peut être structurelle plutôt que triste : la vie devient plus étroite mais aussi plus profonde, avec moins de gens autour mais des liens plus vrais.

Pourquoi voit-on moins ses amis en vieillissant ?

Parce que tout le monde atteint le même âge en même temps, cet âge où le travail, le couple et les enfants prennent de la place. Ce n'est pas la fin de l'amitié, seulement un changement de rythme et des agendas plus difficiles à faire coïncider.

Qu'est-ce que la trentaine apporte que la vingtaine ne pouvait pas offrir ?

Une meilleure connaissance de soi : savoir ce qui nous recharge et ce qui nous vide, quand dire oui ou non, et qui l'on aime vraiment. Les valeurs se clarifient et les décisions deviennent plus faciles à prendre.

Comment vivre le silence du dimanche sans le confondre avec l'ennui ?

En le considérant comme une présence à soi plutôt qu'un vide. Une soirée seule, avec un livre, où l'on décide soi-même du temps qui passe, reste une vie pleine et précieuse.

Lectures associées

La solitude des gens qui réussissent : ce dont personne n'ose parler — Mode de vie

La solitude des gens qui réussissent : ce dont personne n'ose parler

Plus on réussit, plus les liens semblent se vider. Voici cette solitude discrète que vivent tant de personnes accomplies, sans jamais oser l'avouer.

Farkas Margaréta
À 30 ans, j'ai enfin appris à être seule (et ça a tout changé) — Mode de vie

À 30 ans, j'ai enfin appris à être seule (et ça a tout changé)

Personne n'apprend à être seul du jour au lendemain. Voici comment mon rapport à la solitude s'est transformé, doucement, au tournant de mes trente ans.

Schuster Borka
J'ai appris à me regarder nue dans le miroir - et aujourd'hui, j'accepte ce que je vois — Mode de vie

J'ai appris à me regarder nue dans le miroir - et aujourd'hui, j'accepte ce que je vois

Le miroir ne reflète pas seulement notre apparence : il devient notre juge le plus sévère. Voici comment ma relation à mon corps a changé au fil des années.

Farkas Margaréta
Je déteste les matins et j'ai enfin arrêté de m'en vouloir — Santé

Je déteste les matins et j'ai enfin arrêté de m'en vouloir

Impossible d'aimer les matins malgré toutes les routines miracles ? Ce n'est ni de la paresse ni un défaut. Parfois, se connaître, c'est accepter son propre rythme.

Farkas Margaréta
La solitude la plus douloureuse : quand personne ne remarquerait votre absence — Mode de vie

La solitude la plus douloureuse : quand personne ne remarquerait votre absence

Il existe une solitude qui ne vient pas du fait d'être seul, mais de la peur que personne ne remarquerait si vous disparaissiez du jour au lendemain.

Váradi Petra
Combien de vrais amis avez-vous ? La réponse en dit long sur votre personnalité — Mode de vie

Combien de vrais amis avez-vous ? La réponse en dit long sur votre personnalité

Le 30 juillet, Journée internationale de l'amitié, prenez un instant pour y penser : le nombre de vrais amis en dit plus long sur vous que vous ne le croyez.

Farkas Izabella