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« Le problème, c’est qu’il n’y a plus de soldats pour les élever ! » – Désolée, mais le service militaire ne résoudra pas les défis de ma génération

Schuster Borka3 min de lecture
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« Le problème, c’est qu’il n’y a plus de soldats pour les élever ! » – Désolée, mais le service militaire ne résoudra pas les défis de ma génération — Mode de vie

C’est presque inévitable : quand la jeune génération masculine évoque surcharge, burn-out, incertitude ou difficultés mentales, une phrase revient toujours : « Le problème, c’est qu’il n’y a plus de soldats pour les élever ! »

Comme si le vrai souci était que ceux qui se plaignent ou expriment leurs émotions ne sont pas assez « hommes ». Qu’ils n’ont pas été endurcis. Brisés à temps.

Mais cet argument montre vite ses limites. D’abord, beaucoup de choses que la génération plus âgée voit comme des problèmes chez les jeunes ne le sont pas vraiment.

Le fait que les hommes parlent aujourd’hui de leurs émotions, osent dire quand c’est trop, demandent de l’aide quand ils sont bloqués, ou refusent de mourir à petit feu sous la pression du « sois un vrai homme » n’est pas un signe de faiblesse, mais un pas vers une société et un individu plus sains.

Jeune homme posant son pied contre un mur

Refouler ses émotions n’a jamais été une preuve de force

Se plaindre n’est pas forcément de la plainte, c’est souvent le premier pas vers la solution.

Reconnaître qu’on a besoin d’aide mentale, ce n’est pas un échec, c’est de la conscience de soi.

Une compétence qu’on a souvent retirée aux hommes pendant des décennies.

Les vrais problèmes – car oui, ils existent – sont bien plus complexes que ce qu’un uniforme et un ordre pourraient résoudre.

La pression constante de performance, l’insécurité existentielle, l’épuisement, la disparition des frontières entre travail et vie privée ne disparaissent pas parce qu’on apprend à rester au garde-à-vous et à se taire.

Un système autoritaire qui enseigne à « serrer les dents et avancer » ne fait que repousser le problème. Il ne le résout pas.

Jeune homme dans un skatepark

Regardons aussi qui dit souvent que le service militaire les a « rendus hommes ». Ce sont souvent des hommes dont l’entourage sait très bien qu’ils ont des difficultés à gérer leur colère.

Ils ne savent pas gérer leur frustration, ils refoulent leurs émotions jusqu’à exploser. Ils ne les traitent pas, ils les anesthésient – avec l’alcool, le travail excessif, ou ce cynisme qui balaye d’un revers de main tout ce qui touche à la vie intérieure.

Ce n’est pas de la force mentale. C’est une stratégie de survie. Et pas une très efficace.

Le service militaire, comme méthode d’éducation, n’enseigne ni l’intelligence émotionnelle, ni des limites saines, ni l’auto-réflexion, ni l’empathie.

Au mieux, il enseigne l’obéissance, la hiérarchie, et comment supporter sans parler. Cela peut être utile dans certains cas, mais à l’échelle sociale, ce n’est pas un modèle qui produit des individus équilibrés et heureux.

Jeunes hommes assis dos à l’eau

La force ne se mesure pas à celui qui endure le plus en silence

Mais à celui qui ose reconnaître ses limites, demander de l’aide, changer ce qui ne fonctionne pas.

Celui qui peut dire « ça ne va pas » sans craindre de perdre sa virilité.

Alors désolée, mais non : le service militaire ne résoudrait pas les problèmes de ma génération. Il ne rendrait pas les jeunes hommes plus travailleurs, plus durs ou plus « vrais ». Au mieux, plus silencieux. Or le silence n’est pas une guérison.

Et honnêtement : ce n’est pas le fait de ne pas parler de ses émotions qui rend un homme plus viril ou fort, mais au contraire le fait d’en parler. Le monde ne sera pas plus stable avec plus d’hommes bourrés de colère refoulée, mais avec plus d’hommes qui savent ce qui se passe en eux – et en prennent la responsabilité.

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