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Ma constellation familiale la plus passive, mais aussi l’une des plus révélatrices – et ce qu’elle m’a appris

Élise Durand4 min de lecture
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Ma constellation familiale la plus passive, mais aussi l’une des plus révélatrices – et ce qu’elle m’a appris — Famille

Après une longue pause de presque six mois, j’ai enfin pu retourner à une constellation familiale. Ce délai n’était pas un hasard : physiquement, je n’étais pas en état de participer, et émotionnellement, je ne me sentais pas en sécurité pour un travail aussi profond.

J’ai longtemps hésité à dire dès le tour de présentation que je devais être traitée avec plus de douceur, car je suis moins résistante qu’il y a quelques mois. Finalement, je ne l’ai pas fait. Je faisais confiance à ce que j’avais déjà expérimenté : l’espace sait ce dont j’ai besoin. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Sans que personne parmi ces inconnus ne sache mon état, je n’ai reçu aucun rôle physiquement ou émotionnellement éprouvant.

D’ailleurs, mon propre thème n’était pas particulièrement « bruyant » ou dramatique, peut-être parce que je n’étais pas encore prête à plonger dans des couches profondes. Je suis arrivée avec la conscience que je me détache émotionnellement dans beaucoup de situations difficiles : je coupe simplement les mauvaises émotions. Je sais que cela vient probablement d’une ou plusieurs expériences ou traumatismes d’enfance que je dois encore travailler, mais cette fois, je voulais surtout observer comment cette dynamique se manifeste dans l’espace.

Le piège silencieux du soutien

Avant, lors des constellations, il était rare que je reçoive des rôles moins actifs et sans douleur. Si un rôle « lourd » apparaissait, il me revenait souvent. En y repensant, la plupart étaient des empreintes transgénérationnelles : des oppressions envers les femmes, des relations toxiques et violentes, des pertes d’enfants, de vrais destins lourds. Des histoires qui, heureusement, ne se sont pas produites dans ma vie, mais qui étaient très présentes dans le système familial (j’ai découvert plus tard que certaines concernaient mes grands-parents).

Cette fois, lors de la première constellation, j’ai été presque totalement passive, ne représentant qu’une seule qualité : le soutien. Je voulais aider, faire du bien, être présente pour les autres. Malgré ma bonne volonté, j’ai découvert que je pouvais quand même me retrouver dans des situations où d’autres souffrent. Cette prise de conscience a été si profonde que tout s’est presque « figé » en moi – je suis tombée dans une passivité totale.

Portrait d’une jeune fille

J’ai pensé que cela pouvait être un blocage d’enfance.

Il se peut qu’il y ait eu une situation où je voulais vraiment m’investir, mais où j’ai été humiliée ou blessée, ce qui a créé mon mécanisme de coupure.

Bien sûr, cela demande encore « d’enquêter » et de travailler sur moi – car la constellation familiale montre souvent où se trouve le vrai travail –, mais le lien était très clair cette fois.

Quand le rôle disparaît complètement

Au cours de la journée, il y a eu deux autres constellations, et dans celles-ci – alors que mon thème se déployait – j’ai vu que j’étais en fait complètement « déconnectée ». Je ressens généralement très bien quand on sort d’un rôle : soit le processus se termine naturellement, soit l’animateur indique que c’est fini et qu’on va aborder un autre angle, un nouveau rôle. Cette fois, j’étais présente dans les constellations mais totalement passive. Si on m’avait demandé qui ou quoi je représentais, je n’aurais pas su répondre.

Vivre cette coupure sous cette forme a été très fort, mais la prise de conscience qui en a émergé était encore plus intéressante. Un étrange défi enfantin est apparu en moi : j’ai toujours eu des rôles intenses et importants – que se passe-t-il maintenant ? Pourquoi ne suis-je pas un « vrai » acteur de tout cela alors que je sais que je suis dans la constellation ? En restant avec ce sentiment, la réponse s’est peu à peu dessinée : quand je me coupe de certaines choses dans la réalité, ce n’est pas seulement pour me protéger des expériences douloureuses. Je rate aussi facilement les belles choses : la connexion, la joie, la présence authentique.

À part les constellations précédentes où j’ai vécu la douleur la plus intense de l’oppression sans pouvoir agir contre ces charges, je n’avais jamais eu une constellation aussi passive. Même sans drame, sans larmes ni phrases marquantes, l’espace a clairement montré que notre couche la plus profonde n’est souvent pas celle qui crie, mais celle qui est restée silencieuse jusque-là.

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