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Migraine et plaques rouges après un barbecue ? Le vrai coupable n'est pas l'alcool

Farkas Izabella5 min de lecture
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Migraine et plaques rouges après un barbecue ? Le vrai coupable n'est pas l'alcool — Santé
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La soirée se termine, vous rentrez chez vous, et le lendemain vous vous réveillez comme si vous aviez vidé une bouteille entière de vin, alors que vous n'avez siroté que deux verres de rosé avec vos grillades. La tête qui bat, le visage rouge, parfois de petites plaques qui apparaissent sur le cou ou le décolleté.

Et si le vrai coupable n'était pas ce que vous avez bu, mais ce qui se trouvait juste à côté dans votre assiette ?

C'est quoi l'histamine, et pourquoi y en a-t-il autant sur une table de jardin ?

L'histamine est un composé naturel que notre corps produit lui-même, notamment lors des processus inflammatoires et immunitaires. Mais cette même substance est présente dans une multitude d'aliments — et en quantité d'autant plus élevée que l'aliment a été longuement affiné, fermenté ou fumé.

Le buffet type d'une soirée d'été en est presque un cas d'école : fromages affinés, saucisson, poisson fumé, choucroute, vin et bière figurent tous sur la liste des aliments riches en histamine.

Dans un organisme en bonne santé, cet excès est dégradé dans l'intestin par une enzyme, la diamine oxydase (DAO). Si cette enzyme est peu active, ou si l'alcool freine son fonctionnement, l'histamine s'accumule dans le sang et provoque des symptômes comme les maux de tête, les rougeurs, les démangeaisons ou le nez bouché.

Pourquoi la chaleur amplifie-t-elle les symptômes ?

La chaleur dilate déjà les vaisseaux à elle seule, ce qui explique cette rougeur caractéristique que beaucoup confondent à tort avec un coup de soleil ou une simple bouffée de chaleur. L'histamine renforce exactement le même mécanisme : au lieu de contracter les vaisseaux, elle provoque une vasodilatation, donc encore plus de rougeur et des maux de tête encore plus intenses.

De plus, sous la chaleur, les aliments se détériorent plus vite, et dans les protéines se multiplient alors les bactéries qui produisent de l'histamine. Un plateau de fromages resté des heures au soleil ou une viande cuite à moitié puis réchauffée peut donc contenir bien plus d'histamine qu'on ne l'imagine.

Ce n'est pas une allergie à l'alcool, mais un problème de dégradation

Beaucoup pensent être devenus sensibles à l'alcool, alors que dans une partie des cas, le vin et la bière ne rendent malade que parce que l'éthanol lui-même bloque le fonctionnement de l'enzyme DAO. Autrement dit, ce même verre de rosé que vous tolérez sans problème pendant les mois plus frais devient, en été, associé à de la charcuterie fumée et à du fromage affiné, une charge bien plus lourde pour l'organisme.

Ce tableau de symptômes est connu en nutrition sous le nom d'intolérance à l'histamine, et il est important de souligner qu'il ne s'agit pas de la même chose qu'une allergie alimentaire classique : ce n'est pas le système immunitaire qui réagit de façon excessive à une protéine donnée, mais la dégradation enzymatique qui n'est plus assez efficace.

Ce n'est pas forcément l'alcool le coupable, mais ce qui l'accompagne dans l'assiette — et le temps que tout cela a passé au soleil.

À quoi faire attention lors de votre prochain barbecue ?

  • Aux côtés des fromages affinés, du saucisson, de la charcuterie et des poissons fumés, pensez à proposer aussi du fromage frais, comme de la mozzarella ou du fromage blanc nature, pour offrir une alternative moins riche en histamine.
  • Servez les viandes et poissons de préférence fraîchement préparés, pas plusieurs heures à l'avance, et ne laissez pas les plateaux exposés longtemps au soleil.
  • Les vins rouges affinés et certaines bières sont généralement plus riches en histamine que les vins blancs plus jeunes, ce qui peut aussi influencer votre tolérance à l'alcool.
  • Si vous ressentez régulièrement des maux de tête ou des symptômes cutanés après ce genre d'occasions, il peut être utile de tenir un journal alimentaire pour voir s'il existe vraiment un lien entre ce que vous mangez et vos troubles.
  • En cas de symptômes persistants ou sévères, il est vivement conseillé de consulter un médecin, un allergologue ou un diététicien, car le diagnostic et la prise en charge de l'intolérance à l'histamine nécessitent l'avis d'un spécialiste.

Quand ce n'est même pas le vin le fautif

Pour la plupart des gens, cette sensation de gueule de bois après une soirée d'été tient simplement à la déshydratation ou au manque de sommeil. Mais si le même schéma revient régulièrement chez vous, typiquement par temps chaud et après des plats fromagers ou fumés, il vaut la peine de vous demander si ce n'est pas la quantité d'alcool le facteur décisif. Notre corps nous envoie des signaux — mais parfois, il ne pointe pas du doigt là où l'on croyait au premier abord.

L'intolérance à l'histamine, est-ce la même chose qu'une allergie alimentaire ?

Non. Dans une allergie alimentaire classique, c'est le système immunitaire qui réagit de façon excessive à une protéine. Dans l'intolérance à l'histamine, c'est la dégradation enzymatique de l'histamine qui n'est plus assez efficace.

Pourquoi ai-je plus de symptômes en été qu'en hiver ?

La chaleur dilate les vaisseaux et amplifie les rougeurs et maux de tête. Elle accélère aussi la détérioration des aliments riches en protéines, qui produisent alors davantage d'histamine.

Quels aliments sont les plus riches en histamine lors d'une soirée d'été ?

Les fromages affinés, le saucisson, le poisson fumé, la choucroute, le vin et la bière figurent parmi les plus concernés. Les fromages frais comme la mozzarella ou le fromage blanc en contiennent beaucoup moins.

Que faire si les symptômes reviennent régulièrement ?

Tenez un journal alimentaire pour repérer un éventuel lien entre vos repas et vos troubles. En cas de symptômes persistants ou sévères, consultez un médecin, un allergologue ou un diététicien.

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