Pendant longtemps, j'ai cru que vivre longtemps et en bonne santé passait forcément par des régimes compliqués, des compléments alimentaires hors de prix ou des séances de sport intensives. Puis j'ai découvert les zones bleues, et j'ai compris que je me trompais complètement.
Les zones bleues sont ces communautés où un nombre étonnant de personnes atteignent un âge avancé en restant en pleine forme, comme les habitants d'Okinawa, de Sardaigne ou d'Icarie.
Leur mode de vie n'a rien d'extrême. Le mouvement quotidien, une alimentation mesurée, des plats à base de végétaux, des liens humains solides et le sentiment d'avoir un but font naturellement partie de leur quotidien. Ces habitudes ne transforment pas une vie du jour au lendemain, mais sur le long terme, elles posent des bases qui soutiennent un vieillissement en bonne santé. J'ai donc voulu les tester moi-même.
Bouger sans faire de sport
Les habitants des zones bleues ne mettent jamais les pieds dans une salle de sport, et pourtant ils bougent toute la journée : ils jardinent, marchent, montent les escaliers, s'accroupissent au lieu de rester assis.
Je me suis inspirée de cela pour intégrer le mouvement à ma routine au lieu de bloquer un créneau spécial « sport ». Je prends les escaliers plutôt que l'ascenseur, je vais à pied jusqu'au commerce du coin, et je passe mes appels debout ou en marchant. Rien d'épuisant, et pourtant, selon ma montre, j'accumule bien plus de pas chaque jour qu'avant.
La règle des quatre-vingts pour cent
À Okinawa, il existe un dicton, le hara hachi bu, qui signifie en gros : mange jusqu'à être rassasié à quatre-vingts pour cent, ne te remplis pas complètement.
C'est l'habitude qui m'a demandé le plus d'efforts, car dans notre culture culinaire, se resservir est presque un réflexe lors d'un repas de famille du dimanche. J'ai appris à manger plus lentement, à poser ma fourchette entre deux bouchées et à attendre de vraiment ressentir la satiété, plutôt que de continuer simplement parce qu'il reste à manger dans le plat.
Surprise : je ne me suis jamais affamée. Je me levais juste de table avec moins de ballonnements et de lourdeur.
J'ai réalisé que, toute ma vie, on m'avait appris que l'assiette vide était l'objectif, alors qu'en réalité, j'aurais dû écouter les signaux de mon corps.
Plus de végétaux, moins de viande dans l'assiette
L'alimentation dans les zones bleues est surtout d'origine végétale : haricots, céréales complètes, légumes, huile d'olive. La viande n'apparaît que rarement, lors des grandes occasions.
Je ne suis pas devenue végétarienne, mais la plupart des jours, j'ai remplacé la viande par des haricots, des lentilles et des pois chiches. Je cuisine plus souvent du boulgour ou de l'orge, et le cœur de ma liste de courses hebdomadaire, c'est désormais le rayon des légumes, plus celui de la boucherie.
Ces relations auxquelles je consacre du temps
L'une des choses les plus marquantes que j'ai lues sur les communautés des zones bleues, c'est que les gens entretiennent des liens étroits et quotidiens : la famille, les voisins, le cercle d'amis représentent un vrai soutien, et non juste quelques messages échangés dans une conversation de groupe.
J'ai pris l'habitude d'appeler ma grand-mère chaque semaine, au lieu de lui envoyer un simple message. Et tous les dimanches, je retrouve ma sœur autour d'un café, téléphone posé loin de la table. Cette habitude ne m'a rien coûté, et pourtant c'est elle qui m'a apporté le plus grand bénéfice émotionnel du mois.
Ce sens du but qui me fait me lever le matin
À Okinawa, on appelle cela l'ikigai, ce qui signifie à peu près : la raison pour laquelle tu te lèves le matin. Il ne s'agit pas d'un grand objectif de vie, mais d'une petite chose concrète qui donne envie d'ouvrir les yeux.
Pour moi, c'est devenu l'écriture : dix minutes chaque matin, avant que le reste de la journée ne commence. Ces dix minutes me donnent le sentiment que ma journée ne se résume pas à mes obligations.
Il y a des choses que j'ai abandonnées en cours de route, comme la douche froide du matin, restée davantage une légende sarde qu'une véritable routine quotidienne chez moi. Mais ces cinq ou six habitudes décrites plus haut sont désormais si naturellement ancrées dans mes journées qu'il m'arrive d'oublier d'où tout est parti.
Qu'est-ce qu'une zone bleue ?
Ce sont des régions du monde, comme Okinawa, la Sardaigne ou Icarie, où un nombre remarquable de personnes atteignent un grand âge en restant en bonne santé, grâce à un mode de vie simple et équilibré.
Faut-il faire un régime strict pour adopter ces habitudes ?
Non. Il s'agit surtout de manger davantage de végétaux et moins de viande, sans devenir végétarien, et d'écouter sa satiété plutôt que de suivre des règles rigides.
Que signifie le hara hachi bu ?
C'est un principe d'Okinawa qui invite à s'arrêter de manger lorsqu'on est rassasié à quatre-vingts pour cent, plutôt que de se remplir complètement.
Faut-il aller à la salle de sport pour vivre comme dans une zone bleue ?
Pas du tout. L'idée est d'intégrer le mouvement au quotidien : marcher, prendre les escaliers, jardiner, plutôt que de réserver un créneau spécial pour le sport.
Qu'est-ce que l'ikigai ?
À Okinawa, l'ikigai désigne la raison pour laquelle on se lève le matin. Ce n'est pas forcément un grand objectif, mais une petite chose concrète qui donne du sens à la journée.











