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Soit tu domptes tes démons, soit ce sont eux qui élèveront tes enfants – pourquoi chaque parent devrait envisager la thérapie

Schuster Borka3 min de lecture
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Soit tu domptes tes démons, soit ce sont eux qui élèveront tes enfants – pourquoi chaque parent devrait envisager la thérapie — Famille

Nous portons tous quelque chose de notre enfance. Des blessures, des manques, des phrases inachevées, des larmes non versées. Parfois, on peut les nommer clairement, parfois elles se manifestent seulement par une tension constante : un réflexe, une réaction trop vive, une anxiété inexplicable.

Souvent, on apprend à vivre avec ces blessures. On construit des stratégies pour gérer le travail, le couple, le quotidien. On se dit que ça va à peu près.

Puis, notre enfant naît. Et là, si jamais ce n’était pas le cas avant, nos démons sortent de l’ombre, s’immiscent doucement et nous mordillent l’épaule.

Devenir parent, c’est bien plus qu’un nouveau rôle : c’est un véritable tour émotionnel. Chaque jour, on est confronté à des situations qui déclenchent instantanément des réactions en nous. Comme si un chemin tout tracé dans notre cerveau laissait nos nerfs filer sans réfléchir. L’enfant ne fait « rien de spécial » – il ne veut pas s’habiller, répond, pleure, dit non – et une colère disproportionnée se déclenche en nous.

Une mère crie sur son fils qui joue avec son téléphone allongé sur le lit

À ces moments-là, on ne parle pas à l’enfant. Mais à notre passé.

À cette part de nous qu’on n’a jamais écoutée. Qui n’avait pas le droit de faire une crise. Qui a été humiliée, négligée, surcontrôlée ou abandonnée. L’éducation des enfants est un miroir douloureusement précis : elle révèle nos histoires non résolues. Et ces histoires influencent notre façon d’élever.

Dans notre gestion des crises. Dans nos réactions face aux amis, aux choix, à ce qu’il aime ou pas. Dans notre manière de vivre avec un enfant bavard ou au contraire réservé et timide. Dans nos attentes, notre rapport à ses échecs, et ce qu’on lui enseigne sur ses émotions. Tout cela se fait souvent sans conscience, automatiquement. Par réflexe. Des réponses nerveuses héritées.

Et voici la vérité qui dérange : soit on apprivoise ces démons, soit ce sont eux qui élèveront nos enfants.

Il n’y a pas de troisième voie. Si on ne travaille pas sur soi, on transmettra malgré nous nos blessures. Pas de la même manière, pas dans le même décor, mais avec ces démons qui vivent en nous depuis des générations. Et l’enfant pensera que c’est la norme. Comme nous l’avons cru.

Portrait d'un petit garçon en colère

Pourquoi chaque parent devrait envisager la thérapie

Je suis convaincue que la thérapie n’est pas un luxe ni un simple hobby d’introspection, mais une vraie responsabilité. Ce n’est pas un signe de « problème », mais la preuve qu’on prend son impact au sérieux. C’est accepter de regarder ce qu’on porte avant de le transmettre. Ne pas attendre d’un enfant qu’il régule nos émotions, car nous sommes capables d’assumer la responsabilité de nos démons. Ceux dont j’ai arraché les crocs venimeux.

La thérapie ne fait pas de nous des parents parfaits. Elle n’efface pas la colère, la fatigue, les erreurs. Mais elle crée un espace entre la réaction et la réponse. Un instant de pause où je peux choisir : est-ce mon passé qui parle, ou moi ? Y a-t-il vraiment un danger et ma panique est-elle justifiée, ou mon enfant a-t-il juste touché un point sensible avec ses petites mains ?

Ce n’est pas une honte de porter ses démons. La plupart d’entre nous ne les ont pas choisis. Mais nous avons la responsabilité de ce que nous en faisons. Nos enfants ne sont pas des outils thérapeutiques. Ils ne sont pas là pour rejouer nos histoires. Et si je dois choisir, je préfère apprivoiser mes démons plutôt que de leur confier l’éducation de mon enfant.

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