Dès début mars, le Parlement européen pourrait adopter un projet de règlement qui supprimerait en grande partie le contrôle officiel et la traçabilité des produits issus des nouvelles biotechnologies, les nouveaux OGM. Si tu n’es pas d’accord – que tu sois une organisation ou un particulier – tu peux encore faire entendre ta voix auprès des députés européens hongrois, qui ne pourront agir efficacement contre ce projet que s’ils bénéficient d’un soutien citoyen fort.
Le contrôle des OGM serait supprimé
« La biotechnologie est une méthode qu’on peut utiliser de façon responsable ou non, et accepter ou refuser, c’est un choix personnel. En tant qu’organisme de certification pour l’agriculture biologique, nous rejetons totalement l’utilisation des OGM dans l’alimentation et l’agriculture, car nous n’y voyons pas la solution, mais nous respectons les opinions différentes » – a introduit le sujet Dr. Péter Roszík, professeur associé et directeur de Biokontroll Hungária Nonprofit Kft.
Cependant, l’expert trouve inacceptable que ce règlement retire aux citoyens et institutions la possibilité de choisir en supprimant l’obligation de contrôle de sécurité et de traçabilité pour ces produits, ainsi que l’étiquetage indiquant la présence d’OGM sur l’emballage.
Selon lui, cela porterait atteinte au droit des consommateurs à l’autodétermination : sans information, ils ne pourraient pas décider ce qu’ils veulent manger, et ce n’est qu’un des nombreux problèmes.

Ce règlement compliquerait l’agriculture biologique
Selon l’organisation, les sélectionneurs et agriculteurs ne pourraient plus choisir librement leurs semences. Les produits non étiquetés compliqueraient notamment l’agriculture biologique, qui interdit l’usage des OGM, y compris ceux issus des nouvelles technologies.
Un autre risque majeur est que les entreprises produisant des semences OGM pourraient breveter ces semences, laissant ainsi les multinationales décider de ce que les agriculteurs sèment et de ce que les consommateurs mangent. Les agriculteurs utilisant des semences portant des caractéristiques brevetées pourraient être poursuivis s’ils ne les ont pas achetées auprès de ces entreprises.
Enfin, la suppression de l’obligation de contrôle de sécurité signifierait que la qualité des tests réalisés sur ces produits dépendrait du bon vouloir et du budget des entreprises productrices. Personne ne souhaite causer de tort intentionnellement, mais les effets à moyen et long terme des OGM n’ont pas encore été suffisamment étudiés. Si ce règlement est adopté, nous ne pourrons même plus être sûrs des effets à court terme.

« Ce point de vue n’est pas seulement celui des agriculteurs biologiques hongrois ou de Biokontroll. De nombreux instituts scientifiques aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, en Italie et ailleurs alertent aussi sur ces dangers » – a ajouté l’expert.
Protégeons une agriculture sans OGM !
Il semble que ceux qui s’opposent à ce projet n’aient qu’une option : rejoindre le mouvement citoyen européen qui exprime par écrit son refus d’une utilisation incontrôlée des OGM. Atteindre un nombre suffisant de soutiens pourrait permettre de maintenir l’étiquetage et les contrôles obligatoires.
Plusieurs organisations, dont Biokontroll, offrent la possibilité de signer cette lettre en ligne, avec la possibilité de choisir précisément quels députés européens la recevoir.
« Nous espérons que de nombreuses personnes exprimeront leur désaccord, car si ce projet passe, nous libérerons un esprit qu’il sera impossible de reprendre sous contrôle. Les entreprises internationales impliquées dans la production d’OGM ont déjà tout fait pour démanteler les protections juridiques qui freinent leurs intérêts commerciaux. Nous espérons pouvoir stopper cette tentative grâce à une mobilisation collective » – a conclu Dr. Péter Roszík.
Communiqué de presse publié par Biokontroll.











