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Le bagage de l’enfance reste avec nous, porté jusqu’au prochain bain moussant

Barbara Dubois3 min de lecture
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Le bagage de l’enfance reste avec nous, porté jusqu’au prochain bain moussant — Mode de vie

Ces dernières années, on a beaucoup entendu parler de l’importance du temps pour soi, du selfcare, et de l’amour de soi. Instagram, TikTok, les magazines en sont remplis. Tapez "comment prendre soin de soi" dans un moteur de recherche, et voilà la recette : allumez une bougie, préparez-vous un thé, appliquez votre masque préféré, et plongez dans un bain moussant. Et honnêtement, il y a du vrai là-dedans. Parfois, on a vraiment besoin d’une soirée tranquille, d’une tasse de thé chaud, ou d’un grand soupir (voire quelques jurons murmurés), en s’enroulant dans un plaid sur le canapé, avec Netflix en fond.

Mais ça m’a toujours dérangée que le "selfcare" semble se résumer à ça. Comme si l’amour de soi était une jolie photo filtrée avec une bougie à la lavande et des couvertures douces parfaites. Comme si c’était la solution ultime à toutes nos blessures émotionnelles et traumatismes anciens. Pourtant, pour être honnête, un thé fumant peut aider face au stress, à une mauvaise journée ou à la fatigue — mais il ne suffit pas à guérir des douleurs portées pendant des décennies.

Pour ma part, c’est ainsi que je l’ai vécu. J’ai longtemps cru que si je me reposais assez, lisais, méditais, et faisais un peu de "gentillesse" pour moi-même, tout finirait par s’apaiser en moi. Je ne dis pas que ce n’est pas agréable, ni que ce n’est pas important.

Mais ce que je sais, c’est que la source des problèmes, les vraies blessures, ne se guérissent pas avec toutes les lavandes séchées du monde. Le bagage de l’enfance reste, et on le porte encore, jusqu’au prochain bain moussant.

Il m’a fallu du temps pour comprendre que le véritable amour de soi, ce n’est pas seulement de la douceur envers soi-même, mais un travail acharné. Qu’il ne suffit pas d’apaiser l’enfant intérieur — il faut l’élever. Lui offrir ce qu’il n’a pas eu enfant, et c’est un travail aussi dur que d’élever un enfant. Parfois, cela demande une bonne dose de « love dur ».

Aujourd’hui, je vois l’amour de soi surtout dans le fait d’aller à la salle de sport même quand j’aurais préféré m’enrouler dans une couverture et disparaître du monde. Pas parce que "je dois", mais parce que je me dois de prendre soin de mon corps. D’être forte. De faire du bien à moi-même même quand ce n’est pas facile. Le selfcare, ce n’est pas toujours un pyjama en soie, parfois c’est une paire de baskets trempées de sueur.

L’amour de soi, pour moi, c’était aussi d’aller en thérapie et d’affronter ce que j’avais fui jusque-là. Ce n’était pas idyllique ; souvent je rentrais chez moi vidée, comme si on avait essoré mon âme. Parfois, je refermais la porte du psychologue en me disant « je viens de payer une fortune pour me sentir pire qu’avant ». Mais je savais que c’était une étape, que ça faisait mal maintenant, mais qu’un petit morceau de mon âme se remettait en place. Comme quand, après longtemps, on nettoie enfin une pièce et que, malgré le chaos temporaire, on respire mieux à la fin.

La vérité, c’est que l’amour de soi n’est pas toujours agréable. Ce n’est pas toujours doux et parfumé. Ce n’est pas le chemin le plus facile. Mais si vous vous aimez vraiment, vous ne choisissez pas la facilité — parce que vous savez que la personne que vous êtes mérite cet effort.

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