Chaque année, c'est la même surprise : on range les tongs, on ressort les cardigans, et l'on se fait piquer trois fois en arrosant les tomates à la tombée du jour. Septembre reste un mois très favorable aux moustiques — chaud, encore humide, avec des soirées douces où l'on traîne dehors sans se protéger. Une conversation circule d'ailleurs en ce moment sur les virus que peuvent transporter certaines espèces, et elle a au moins un mérite : nous rappeler que la lutte la plus efficace ne se joue pas sur notre peau, mais dans les récipients que nous laissons traîner.
Septembre, le mois où l'on baisse la garde
En juillet, on pense aux moustiques. En septembre, on pense aux cartables. Pourtant les cycles de reproduction se poursuivent tant que la chaleur tient, et il suffit d'une eau stagnante depuis quelques jours pour qu'une génération se développe. La bonne nouvelle, c'est que la femelle qui pique près de chez vous a très probablement grandi à quelques mètres de là : les espèces les plus casanières ne parcourent pas de grandes distances. Autrement dit, votre balcon, votre cour ou votre terrasse est un levier réel. Le grand ménage anti-eau stagnante prend vingt minutes et se refait tous les huit jours, ce qui correspond à peu près au temps nécessaire aux larves pour arriver à maturité.
Les cachettes d'eau qu'on ne voit plus
Faites le tour avec un œil neuf. Les soucoupes sous les pots viennent en tête : une fine pellicule d'eau y suffit. Vient ensuite tout ce qu'on a oublié depuis le printemps — l'arrosoir laissé dehors, le seau de la serpillière, les jouets creux des enfants, une bâche de mobilier qui forme une poche, un pneu, une gouttière encombrée de feuilles, la coupelle du chien, le vase du balcon, le cendrier plein de mégots, la brouette retournée à moitié. Les vieux pots vides empilés retiennent aussi de l'eau entre eux. La règle est simple : tout ce qui peut contenir l'équivalent d'un fond de tasse doit être vidé, retourné, ou rangé à l'abri. Frotter l'intérieur des soucoupes avec une éponge n'est pas superflu : les œufs adhèrent aux parois et résistent à un simple renversement.
Le récupérateur d'eau, à garder mais à équiper
Faut-il renoncer à son récupérateur de pluie ? Non — il reste précieux pour arroser sans gaspiller. Il faut simplement l'équiper : un couvercle bien ajusté, ou à défaut une moustiquaire fine tendue et fixée sur l'ouverture avec un tendeur, empêche les femelles de venir pondre. Vérifiez aussi le trop-plein et la gouttière qui l'alimente. Même logique pour les mini-bassins et fontaines décoratives : une eau qui bouge ou qui abrite des poissons pose beaucoup moins de problèmes qu'une eau parfaitement immobile. Quant à la coupelle des oiseaux, gardez-la, mais changez l'eau tous les deux jours ; c'est meilleur pour eux aussi.
Se protéger le soir sans transformer le balcon en champ de bataille
Les gestes les plus efficaces sont banals. Des vêtements longs, amples et clairs au moment du crépuscule, quand l'activité culmine. Une moustiquaire aux fenêtres des chambres, la seule mesure qui protège vraiment une nuit entière. Un ventilateur sur la terrasse, parce que ces insectes volent mal dans un courant d'air. Pour les répulsifs cutanés, lisez l'étiquette et respectez les indications selon l'âge, en particulier pour les enfants et pendant une grossesse. Et si des piqûres sont suivies d'une fièvre inhabituelle, de courbatures ou de maux de tête persistants, ce n'est pas le moment de chercher des réponses en ligne : parlez-en à un médecin, qui saura ce qui mérite un examen.
Faut-il vider le bac sous les pots à chaque arrosage ?
Idéalement oui, une demi-heure après avoir arrosé : la plante a bu ce dont elle avait besoin et le reste ne sert qu'à faire pourrir les racines et à héberger des larves. Si vos plantes réclament de l'humidité, remplacez l'eau libre par une couche de billes d'argile humides dans la soucoupe, ou surélevez le pot sur des cales.
Les plantes dites anti-moustiques servent-elles vraiment à quelque chose ?
Un pot de citronnelle, de géranium odorant ou de basilic sur la table ne crée pas de bouclier autour de la terrasse : les composés aromatiques ne se diffusent guère à moins qu'on ne froisse les feuilles. Elles sont agréables et utiles en cuisine, mais elles ne remplacent ni la moustiquaire ni la chasse aux eaux stagnantes, qui reste, de loin, l'action la plus rentable.











