Il y a quelque chose de délicieusement absurde à lire, en pleine touffeur d'août, l'annonce d'une liaison aérienne qui n'ouvrira qu'en décembre de l'année prochaine. C'est arrivé cette semaine avec une nouvelle ligne loisirs vers Porto largement relayée, et j'ai vu autour de moi la même réaction en trois secondes : « Tiens, un week-end d'hiver au bord de l'Atlantique. » C'est le bon réflexe. Encore faut-il savoir quoi faire de cette information, parce qu'une annonce de ligne n'est pas encore un voyage.
Pourquoi les ouvertures hivernales sont une aubaine
Nous avons pris l'habitude de projeter nos envies de départ sur juillet et août, c'est-à-dire au moment où les villes sont les plus chères, les plus chaudes et les plus pleines. Or les liaisons qui s'ouvrent pour la saison froide desservent souvent des destinations qui, elles, ne ferment pas : villes portuaires, capitales régionales, ports de pêche transformés en villes de cafés. En décembre ou en février, on y trouve des terrasses moins bondées, des musées où l'on peut s'asseoir, des marchés qui fonctionnent pour les habitants et non pour les visiteurs, et un hébergement dont le prix redevient raisonnable.
Le hors-saison a aussi un effet moins visible : il ralentit le voyageur. Quand il bruine, on ne coche pas huit sites en deux jours. On prend un petit-déjeuner qui dure une heure, on entre dans une église parce qu'elle est sur le chemin, on rentre à l'hôtel pour se sécher avant de ressortir dîner. C'est exactement le rythme que la plupart d'entre nous cherchons sans oser le programmer.
Le carnet à ouvrir maintenant, même sans réserver
Dès qu'une ligne qui vous intéresse est annoncée, ouvrez une note sur votre téléphone et remplissez quatre lignes. Un : les deux ou trois week-ends réellement possibles pour vous, en tenant compte des vacances scolaires, des anniversaires familiaux et de votre charge de travail à cette période. Deux : l'heure à laquelle vous pouvez quitter votre travail le vendredi, car un vol de fin d'après-midi vous offre une vraie soirée sur place, un vol de 22 heures vous offre un couloir d'aéroport. Trois : le trajet de l'aéroport au centre-ville aux deux extrémités, et surtout l'horaire du dernier transport en commun. Quatre : ce que coûte, chez cette compagnie, un bagage qui contient réellement vos affaires.
Cette note vaut de l'or le jour où vous décidez de réserver, parce qu'elle vous évite le grand piège du billet à petit prix pris dans l'enthousiasme, celui qui atterrit un dimanche soir tard et vous fait payer une nuit d'hôtel supplémentaire près du terminal.
Porto en hiver, ou l'art d'une ville qui ne se vide pas
Si c'est cette destination qui vous a fait rêver, sachez qu'elle est particulièrement clémente pour un voyage lent. La ville se marche en descendant vers le fleuve et se remonte doucement, ce qui invite à couper la journée en deux avec une longue pause à table. La cuisine y est franchement réconfortante quand il fait humide : soupes vertes épaisses, poissons grillés, pain qui accompagne tout, pâtisseries à la crème que l'on mange debout au comptoir. Les caves de la rive d'en face se visitent très bien en basse saison, sans file d'attente et avec des explications qu'on a le temps d'écouter.
Prévoyez le bon équipement plutôt que le beau : chaussures à semelle qui adhère, car les pavés et les carreaux mouillés glissent, une veste réellement imperméable, et une écharpe. Le vent de l'Atlantique en février n'a rien de méchant, mais il décoiffe les plans de ceux qui sont partis en manteau de ville.
Faut-il réserver dès l'ouverture des ventes ?
Pas nécessairement, mais réserver tôt vous donne autre chose que le prix : le choix des horaires. Les créneaux confortables du vendredi soir et du lundi matin partent en premier, et ce sont eux qui déterminent si votre week-end fait deux jours pleins ou un jour et demi. Si vos dates sont imposées par le travail ou l'école, réservez dès que vous êtes sûre; si vous êtes flexible, mettez une alerte et laissez venir.
Comment savoir si un vol low cost est vraiment économique ?
Additionnez tout avant de vous réjouir : le bagage, l'éventuel choix de siège, les deux trajets aéroport-centre, un repas si l'horaire vous fait dîner en zone d'embarquement, et une nuit supplémentaire si l'arrivée ou le retour tombe à une heure impossible. Comparez ce total avec l'option la plus simple depuis votre ville, train inclus s'il existe. Souvent le billet reste très intéressant, parfois l'écart fond entièrement, et vous préférerez alors partir moins loin mais plus longtemps.










